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RÉCIT TECHNIQUES DU

Tout récit implique un pacte dans lequel opèrent quatre termes : auteur, lecteur, personnage, langage. Qu'un seul de ces termes fasse défaut et la confiance disparaît, le pacte est rompu. Pour maintenir la cohésion de ces éléments, le narrateur peut assumer plusieurs rôles.

Les manières de faire un récit sont extrêmement diverses, de l'anecdote au roman, du passé au présent, de la première à la troisième personne. (Le « tu » semble d'un maniement très délicat et demeure exceptionnel. Georges Perec a construit son récit, Un homme qui dort [1967], sur un usage systématique de la deuxième personne ; gageure en l'occurrence soutenue avec éclat.)

Deux exemples : première hypothèse, l'auteur adopte un mode de récit « naturel » et traditionnel, il raconte l'histoire à la troisième personne, voit tout et sait tout ce qui intervient tant au niveau des personnages que de l'intrigue ou du décor (Stendhal, Balzac, Zola). Dans une position prétendue de relative extériorité par rapport à la narration, il se donne comme scribe, confident ou dépositaire. Exécuteur testamentaire en quelque sorte. Son récit peut difficilement être suspecté dans la mesure où il a déjà reçu, on pourrait dire de toute éternité, une forme d'objectivité qui n'engage en aucune façon la responsabilité d'un homme-auteur qui, modestement, se contente de transcrire un récit venu d'ailleurs, manuscrit trouvé au fond d'un grenier, histoire rapportée par un tiers, d'ailleurs rapidement exclu ; plusieurs degrés de distance sont ainsi ménagés entre le récit et son auteur ou son lecteur. Par cet artifice, tantôt abrupt, tantôt au contraire très subtil comme dans la nouvelle de Henry James Le Tour d'écrou (The Turn of the Screw, 1898), se trouve masquée, sinon éludée, la question de l'auteur et de sa vertu. Cet évitement coïncide avec l'absolue maîtrise du narrateur sur son histoire. Deuxième hypothèse, le récit est porté par un personnage du roman, et tout ce qui se produit dans l'histoire est donné comme vu par ce personnage dont l'auteur — « absent » — fait le narrateur. Cette technique, dite du « point de vue », est en fait utilisée très souvent (

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Pour citer cet article

Jean-Yves POUILLOUX, « RÉCIT TECHNIQUES DU  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/techniques-du-recit/

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BORGES (J. L.)

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Dans le chapitre "Un récit à quatre voix"  : …  En effet, l'histoire de la famille Compson est ici racontée successivement par quatre narrateurs : un idiot de trente-trois ans, Benjy Compson ; son frère, Quentin Compson, qui s'est suicidé dix-huit ans plus tôt ; son autre frère, Jason Compson ; enfin, un narrateur extérieur à l'histoire. Au fil de ces narrations, le texte se rapproche des… Lire la suite
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Dans le chapitre "Une écriture de l'âge électronique"  : …  par une phase intense d'expérimentations. Le peintre et poète Brion Gysin met au point la technique du cut-up (découpage). Burroughs se passionne pour les résultats de cette pratique : « Même taillé en pièces et recomposé selon la fantaisie de Bill, le texte de Rimbaud était toujours compréhensible et [...] les mots prenaient… Lire la suite
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Dans le chapitre "Au temps du « nouveau roman »"  : …  dans Degrés (1960), ce projet se réalisait dans toute son ampleur. Le roman n'est pas didactique par son contenu mais par sa forme. Le chapitre initial de tous les ouvrages de Michel Butor établit une sorte de constat de base posant les rapports qui permettent élémentairement de les associer : le présent d'entrée dans le compartiment de chemin de… Lire la suite
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CHAILLOU MICHEL (1930-2013)

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LA CONFESSION IMPUDIQUE, livre de Tanizaki Jun.ichirō

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CORTÁZAR JULIO (1914-1984)

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Dans le chapitre "Nouvelles recherches techniques"  : …  Marelle a été pour Julio Cortázar l'aboutissement d'une lente maturation. Mais c'était aussi un livre de propositions sur les manières possibles de concevoir différemment le réel et sur les formules littéraires capables d'exprimer ce regard différent. De ce point de vue, l'écrivain a tenu ses promesses… Lire la suite
LE DÉSESPÉRÉ, livre de Léon Bloy

Écrit par :  Guy BELZANE

Dans le chapitre "La passion de Caïn"  : …  Du roman, Le Désespéré n'a que le nom et l'apparence. Si la structure circulaire semble obéir à une logique narrative somme toute traditionnelle, le récit, en réalité, juxtapose des scènes et des morceaux de bravoure sans véritables liens, de genres et de tons disparates : verve polémique de la satire et du pamphlet, lyrisme de… Lire la suite
DES FORÊTS LOUIS-RENÉ (1918-2000)

Écrit par :  Gilles QUINSAT

une hantise qui s'enracine dans la matière même de la littérature : les mots, et récuse toute distinction entre vérité et fiction. D'où la dimension fantomatique de ces récits attirant et mystifiant le lecteur, que Maurice Blanchot met en évidence dans « La Parole vaine », postface de 1963 à une édition de poche du Bavard, initialement paru en… Lire la suite
DÖBLIN ALFRED (1878-1957)

Écrit par :  Lionel RICHARD

Dans le chapitre "Une œuvre plurielle"  : …  de Berlin Alexanderplatz écrase exagérément ses autres romans. Certes, c'est ce livre-ci qui met en avant le plus systématiquement l'innovation esthétique avec le procédé du montage, aboutissant à l'enchevêtrement, au récit du narrateur, de textes « pré-écrits » : annonces publicitaires, chansons, articles de journaux, relevés administratifs.… Lire la suite
ÉPOPÉE

Écrit par :  Emmanuèle BAUMGARTNERMaria COUROUCLIJocelyne FERNANDEZPierre-Sylvain FILLIOZATAltan GOKALPRoberte Nicole HAMAYONFrançois MACÉNicole REVELChristiane SEYDOU

cette variété de fonctions s'oppose, semble-t-il, une constante liée à la composition des récits et aux structures logico-narratives qui la sous-tendent. Il apparaît que l'épopée chante souvent la quête d'une épouse et les différentes épreuves qui lui sont afférentes. Des schèmes initiatiques successifs et/ou entrecroisés permettent au héros de… Lire la suite
ESTERHÁZY PÉTER (1950-2016)

Écrit par :  UniversalisFridrun RINNER

Dans le chapitre "Le texte et son œuvre"  : …  commentaires, trois fois plus longs que le texte principal. Dans ce « roman de production » – comme le qualifie le titre hongrois –, l'auteur substitue à la linéarité et à la continuité de la narration le mélange de documents historiques qui renvoient tant à la fin du xixe siècle qu'au régime communiste, aboutissant à une parodie du roman du… Lire la suite
LES FAUX-MONNAYEURS, livre de André Gide

Écrit par :  Alain CLERVAL

Dans le chapitre "Une intrigue foisonnante"  : …  L'intrigue des Faux-Monnayeurs est volontairement complexe. Elle s'apparente, selon Gide, à l'Art de la fugue de Bach : les différents éléments du roman s'intègrent les uns aux autres en obéissant à une combinatoire dont le système fonctionne par duplication. Trois adultères, deux duels, et trois suicides… Lire la suite
FEUILLETON

Écrit par :  Jacques DUBOIS

Dans le chapitre "Le monde du feuilleton"  : …  que ses conditions de création agissent en profondeur sur sa conception et sur sa forme. Cela commence avec la tentation du remplissage, qui conduit, par exemple, à un usage immodéré du dialogue, cette bourre commode du récit. Cela se poursuit avec la structure sérielle elle-même. Soulignons en passant qu'elle met en concurrence deux modes opposés… Lire la suite
FITZGERALD FRANCIS SCOTT (1896-1940)

Écrit par :  André LE VOT

Dans le chapitre "Génie et perdition"  : …  permet d'exploiter harmonieusement toutes ses virtualités. Grâce à l'exemple de Conrad il trouve une réponse au problème difficile du traitement de l'illusion romanesque : Nick, un narrateur distinct du héros et qui passe à son égard du mépris à une adhésion quasi totale, peut commenter avec détachement le comportement de celui-ci. L'ironie peut… Lire la suite
FLAUBERT (G.)

Écrit par :  Pierre-Marc de BIASI

Dans le chapitre "Le « système » de Flaubert"  : …  n'est pas fondée sur les présupposés d'une doctrine ou d'une école littéraire, ni sur une vision du monde singulière qui serait celle de l'auteur. Elle résulterait plutôt d'une série passablement formelle de « contraintes » que Flaubert s'est progressivement donnée pour écrire et qui ont fini par se traduire en termes de méthodes de travail… Lire la suite
FRAGMENT, littérature et musique

Écrit par :  Daniel CHARLESDaniel OSTER

fragments qui sont considérés comme porteurs d'un secret. La question du fragment est par nature celle de l'énigme. Chez Poe comme chez Jules Verne, c'est souvent le fragment de papier dont s'empare le héros qui amorce l'enquête, suscite la narration. C'est parce que le réel est fragmenté qu'il incite à l'herméneutiqueLire la suite
GRACQ JULIEN (1910-2007)

Écrit par :  Jean-Louis LEUTRAT

Dans le chapitre "Palimpsestes"  : …  Au château d'Argol est un premier exemple de « palimpseste », qui superpose des textes divers, tous du xixe siècle : Edgar Poe (La Chute de la maison Usher), Wagner (Parsifal), Balzac (Beatrix) et, si le nom d'Argol se… Lire la suite
LE GRAND INCENDIE DE LONDRES, livre de Jacques Roubaud

Écrit par :  Jean-Didier WAGNEUR

Dans le chapitre "La pluralité des mondes"  : …  sur l'écran de l'ordinateur. Il naît entre nuit et jour, entre rêve et veille, et sans plan établi. Jacques Roubaud offre ainsi un récit aux multiples incises et bifurcations, héritant du modèle médiéval du Lancelot en prose. Le récit devient « jardin aux sentiers qui bifurquent » (pour reprendre le titre d'une nouvelle de Borges). Il… Lire la suite
HISTOIRE DE GIL BLAS DE SANTILLANE, livre de Alain-René Lesage

Écrit par :  Anouchka VASAK

Dans le chapitre "Une œuvre en formation"  : …  certains personnages « sur le retour » (la comédienne Laure, le médecin Sangrado). De même, la narration à la première personne paraît moins relever d'un contrat réaliste que d'une manipulation du lecteur ou de la technique théâtrale : « Je vois, si je ne me trompe, arriver mon valet avec un nouveau quidam qu'il vient d'… Lire la suite
ISOTOPIE, linguistique

Écrit par :  Alain SAUDAN

Le concept d'isotopie, introduit de manière opératoire par A.-J. Greimas dans sa Sémantique structurale (1966), fondamentale pour l'analyse du discours et la constitution du texte en objet scientifique, est défini en ces termes par l'auteur : « Ensemble redondant de catégories sémantiques qui rend possible la lecture uniforme du… Lire la suite
JACQUES LE FATALISTE ET SON MAÎTRE, livre de Denis Diderot

Écrit par :  Jean-Christophe ABRAMOVICI

Dans le chapitre "Libertés formelles"  : …  la vraisemblance (les anachronismes de l'histoire sont délibérés), ni celle du réalisme : la vérité du roman tient à l'intensité d'une relation ludique entre un lecteur constamment frustré dans son désir de savoir (les amours de Jacques, encore et toujours différées) et un narrateur narquois et complice, qui n'a pour tout guide que son humeur… Lire la suite
LIBRA, livre de Don DeLillo

Écrit par :  Michel FABRE

Dans le chapitre "Politique et fiction"  : …  Le récit suit deux lignes narratives : Don DeLillo fait alterner des chapitres qui révèlent la préparation d'un complot par d'anciens membres des services secrets américains, et d'autres qui reconstituent le puzzle biographique de l'assassin du président, Lee Harvey Oswald. La première intrigue est narrée en termes rapides et de façon linéaire. La… Lire la suite
LE LIVRE DES QUESTIONS, livre de Edmond Jabès

Écrit par :  Didier CAHEN

Dans le chapitre "L'impossible parole"  : …  Ainsi quand le récit prend forme, il parle du temps présent et décrit les chemins du livre. Et c'est très logiquement qu'on retrouvera pratiquement à chaque page des réflexions sur le travail en cours. Le reste du temps, le récit se déconstruit, nous en lisons des traces : fragments du journal de Yukel et de Sarah, morceaux de dialogues, bribes de… Lire la suite
LOUIS LAMBERT, livre de Honoré de Balzac

Écrit par :  Philippe DULAC

demeurait : celui d'un récit historique, c'est-à-dire strictement chronologique et s'appuyant sur des témoignages et des documents. Une nouveauté apparut : le recours à un narrateur ami intime du héros et s'exprimant à la première personne. Ce procédé narratif, très rarement utilisé dans La Comédie humaine, permit à l'auteur de recourir… Lire la suite
MADAME BOVARY, livre de Gustave Flaubert

Écrit par :  Philippe DULAC

Dans le chapitre "Une apparente froideur"  : …  En fait, ce n'est pas parce que Flaubert ne dit pas « je », ne fait pas irruption dans le récit et ne prend pas parti qu'il est absent de son œuvre. Dès la première phrase du roman, il est là, dans la salle de classe où entre le jeune Charles, et il restera toujours au premier plan, mais en filigrane. Au travers d'un réalisme éminemment subjectif,… Lire la suite
LE MAÎTRE ET MARGUERITE, livre de Mikhaïl Boulgakov

Écrit par :  Laure TROUBETZKOY

Dans le chapitre "Récits emboîtés"  : …  Bien que l'histoire de Pilate corresponde apparemment avec le roman du Maître, le principe d'emboîtement est ici plus complexe qu'une simple mise en abyme, puisque les quatre chapitres « antiques » (chap. ii, xvi, xxv et xxvi),… Lire la suite
MALRAUX (A.)

Écrit par :  Jacques LECARME

Dans le chapitre "Le romancier d'avant guerre : un héros de son temps (1920-1939)"  : …  avec de nombreuses références à des personnages réels de la révolution chinoise. Le récit est mené (à la première personne) par un narrateur anonyme, délégué du Guomindang, qui débarque en Indochine, puis en Chine : la forme du reportage est ainsi simulée, en même temps que le récit s'atomise en un montage de messages radio, de télégrammes, de… Lire la suite
MANHATTAN TRANSFER, livre de John Dos Passos

Écrit par :  Michel FABRE

Dans le chapitre "Un art du montage"  : …  Ce sens de l'absurde – Marx dirait de la réification – découle aussi de la structure du roman. Manhattan Transfer adopte une temporalité fractionnée, où se font et se défont les existences, dans un travelling tout entier soumis à la tyrannie de l'instant : ainsi, les deux premières scènes du roman sont séparées par un intervalle… Lire la suite
MANUSCRITS - La critique génétique

Écrit par :  Pierre-Marc de BIASI

Dans le chapitre "Genèse et poétique"  : …  avec la plus grande netteté, et avec un profit indéniable dû aux apports notionnels de la narratologie :« La génétique ne détruit pas les principes d'une poétique narrative. Mais elle mine l'assurance que pourrait donner le texte final, plus souvent qu'elle ne la confirme. Elle rend sensible, non seulement à la variation, mais, plus encore, et c'… Lire la suite
MÉMOIRES POSTHUMES DE BRÁS CUBAS, livre de Joaquim Maria Machado de Assis

Écrit par :  Rita OLIVIERI-GODET

Dans le chapitre "Un « ouvrage de défunt »"  : …  Le premier chapitre du livre, intitulé « Décès de l'auteur », inaugure le récit des aventures de Brás Cubas par sa mort. Ce faisant, il renverse l'ordre habituel des narrations biographiques, en général respectueuses de l'ordre biologique : « En admettant que le commun usage soit de commencer par la naissance, deux considérations m'ont conduit à… Lire la suite
MISE EN ABYME

Écrit par :  Lucien DÄLLENBACH

Associé à André Gide et au Nouveau Roman, qui l'a popularisé, le terme de « mise en abyme » est volontiers utilisé aujourd'hui pour désigner indifféremment toute modalité autoréflexive d'un texte ou d'une représentation figurée. Ainsi Fable de Francis Ponge sera-t-il qualifié de poème « en abyme », puisqu'il exploite l'… Lire la suite
LA MODIFICATION, livre de Michel Butor

Écrit par :  Jean-Didier WAGNEUR

Dans le chapitre "Le passager des frontières"  : …  La particularité narrative la plus célèbre de La Modification reste l'emploi généralisé de la seconde personne du pluriel : « Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre, et de votre épaule droite vous essayez en vain de pousser un peu plus le panneau coulissant. » Ce procédé stylistique est ici… Lire la suite
MONOLOGUE INTÉRIEUR

Écrit par :  Bernard CROQUETTE

Technique littéraire qui a joué un rôle important dans le renouvellement du roman au xxe siècle. Rendu fameux par l'usage magistral qu'en a fait James Joyce dans Ulysse (1922), le monologue intérieur (l… Lire la suite
NEDJMA, livre de Kateb Yacine

Écrit par :  Jean-Louis JOUBERT

Dans le chapitre "Une construction fragmentée"  : …  La construction du roman ne peut en effet que désorienter le lecteur : la chronologie est brouillée, les points de vue narratifs sont multiples, partagés entre celui d'un narrateur extérieur et ceux de quatre personnages principaux dont le roman épouse parfois les flux de conscience. Formellement, celui-ci est divisé en six parties, qui se… Lire la suite
PARABOLE, religion

Écrit par :  Henri-Jacques STIKER

Récit allégorique, habituellement assez bref, sous lequel, dans les textes néo-testamentaires et spécialement dans les Évangiles, se cache un enseignement, selon un procédé populaire et oriental consistant à faire passer un message au moyen d'une comparaison (en grec, parabolè) : « Le royaume de Dieu est… Lire la suite
POÉTIQUE

Écrit par :  Jean-Marie SCHAEFFERTzvetan TODOROV

Dans le chapitre "Structuralisme et sémiotique"  : …  L'école sémiotique d'Algirdas-Julien Greimas en revanche a situé d'emblée ses analyses littéraires (par exemple, l'étude des structures du récit) dans le cadre d'un modèle sémiotique général très formalisé ; de surcroît, la théorie greimasienne a voulu avoir une validité non seulement descriptive, mais encore explicative (ainsi le modèle théorique… Lire la suite
POINT DE VUE, littérature

Écrit par :  Jean-Yves POUILLOUX

L'usage du terme et de la notion de point de vue remonte probablement à l'œuvre de Henry James et aux préfaces qu'il écrivit pour un certain nombre de romans dans lesquels il fait un usage systématique et personnel d'un procédé littéraire déjà connu : raconter une histoire entière par le… Lire la suite
PROUST MARCEL (1871-1922)

Écrit par :  Jean-Yves TADIÉ

Dans le chapitre "Un roman impossible à écrire"  : …  pour un tiers, posthume, la raison en est dans la méthode de composition proustienne. Dès Les Plaisirs et les jours, l'écrivain juxtapose des fragments déjà écrits, et le plus souvent publiés en revue, nouvelles, poèmes en vers ou en prose, pastiches, caractères à la manière de La Bruyère, descriptions ; l'ordre ne suit pas la… Lire la suite
PYNCHON THOMAS (1937-    )

Écrit par :  Anne BATTESTI

Dans le chapitre "Un théâtre des voix"  : …  ventriloques où se croisent et se contaminent voix de l'auteur et voix d'autrui. Essentiellement conduits à la troisième personne, les récits peuvent accueillir d'autres narrateurs, pas toujours identifiables. L'autorité des discours est intermittente, cédant volontiers la place à un carnaval d'identités qui disperse l'origine de la parole. Tous… Lire la suite
RÉCIT DE VOYAGE

Écrit par :  Jean ROUDAUT

Dans le chapitre "Le narrateur et son destinataire"  : …  Les récits de voyage entrent dans la catégorie de l'autobiographie. L'auteur, le narrateur et le voyageur sont la même personne ; leur aventure ne commence pas par une naissance mais par un départ, et ne se dénoue pas arbitrairement mais doit s'achever par un retour. Les récits de voyage peuvent… Lire la suite
REPORTAGE TECHNIQUE DE

Écrit par :  Christine LETEINTURIER

Le reportage est la relation de choses vues (du verbe anglais to report, rapporter). L'article est donc caractérisé par l'importance de la description : atmosphère, détails pittoresques, humains ou originaux, couleurs... tout en permettant au lecteur de comprendre l'événement, son environnement, l'implication de ses acteurs.… Lire la suite
ROBBE-GRILLET ALAIN (1922-2008)

Écrit par :  Philippe DULAC

Dans le chapitre "Le récit en miettes"  : …  Quel est donc, par-delà les mauvais procès, l'intention artistique de Robbe-Grillet ? Déstructurer le récit, supprimer le personnage, certes, mais de quelle façon ? Tout simplement en instaurant la discontinuité, en créant des îlots de sens non reliés entre eux, en établissant une sorte de puzzle où manquent certaines pièces. Il ne s'agit pas là de… Lire la suite
ROCHE MAURICE (1925-1997)

Écrit par :  François POIRIÉ

Né à Clermont-Ferrand, Maurice Roche fait des études musicales et de médecine. En 1946 — à la mort de son père —, il entre dans un quotidien parisien où il sera, pendant plus de quinze ans, journaliste-reporter. Avant de commencer d'écrire, il compose plusieurs musiques pour la scène (Les Épiphanies de Pichette) et des œuvres… Lire la suite
ROUSSEL RAYMOND (1877-1933)

Écrit par :  Patrick BESNIER

Dans le chapitre "Le procédé ou la part de nuit"  : …  ”, qui a plus fait pour la gloire de Roussel (peut-être aussi pour son occultation) que tous ses livres. Par ce mot, l'écrivain désigne la technique mise au point dans ses Textes-Genèse et expliquée dans Comment j'ai écrit certains de mes livres ; l'exemple canonique étant le conte “Parmi les noirs” dont l'incipit, “Les lettres du blanc… Lire la suite
SCIENCE-FICTION

Écrit par :  Roger BOZZETTOJacques GOIMARD

Si nous passons de la phrase au récit, l'« effet science-fiction » se décompose en quatre éléments… Lire la suite
SÉQUENCE, poétique

Écrit par :  Véronique KLAUBER

La séquence en narratologie est la combinaison d'au moins trois fonctions (ou atomes narratifs découverts et décrits par Vladimir Propp dans La Morphologie du conte). Elles correspondent d'une manière générale, et dans l'ordre, à une virtualité d'action, à sa réalisation et au résultat de celle-ci (cf. Claude Bremond, « La… Lire la suite
SI PAR UNE NUIT D'HIVER UN VOYAGEUR, Italo Calvino

Écrit par :  Gérard LEGRAND

Dans le chapitre "Un livre infini"  : …  de toi toute autre pensée. Laisse le monde qui t'entoure s'estomper dans le vague. » Mais cette invocation, ici, commande toute la mise en place : onze débuts de romans sont introduits par autant de chapitres où le lecteur se voit averti, conseillé, morigéné, fouillé dans sa « physiologie » et sa psychologie et, à mi-course, d'autant plus impliqué… Lire la suite
SIMENON GEORGES (1903-1989)

Écrit par :  Pierre DELIGNYMichel LEMOINE

Dans le chapitre "Un art de l'écriture servi par la technique"  : …  Cela ne signifie nullement que Simenon ne se préoccupe pas des techniques inhérentes à la forme romanesque. Au contraire, ses fictions sont régies par un art à tel point consommé qu'il fait oublier la technique. L'analyste désireux d'appréhender la prétendue pauvreté de la mise en œuvre simenonienne se rend compte bien vite que le romancier manie… Lire la suite
SIMON CLAUDE (1913-2005)

Écrit par :  Christophe MERCIER

Dans le chapitre "Le présent de l'écriture"  : …  La Bataille de Pharsale (1969) – livre de transition : on y retrouve encore Corinne et l'oncle Charles –, le ton de Simon change. Les Corps conducteurs (1971), Triptyque (1973), Leçon de choses (1975) sont des jeux surprenants sur des formes géométriques ou sur des structures, proches des « collages » en peinture. On n'y trouve… Lire la suite
SUR LA ROUTE, livre de Jack Kerouac

Écrit par :  Michel FABRE

Dans le chapitre "L'œuvre phare de la « beat generation »"  : …  Enfin, pour exprimer des sensations proprement personnelles, le « barde du be-bop » expérimente une forme qui rend au récit la « spontanéité » du jazz, par l'explosion de la phrase et la seule ponctuation du tiret, de manière à isoler les moments respiratoires « comme les musiciens reprennent leur souffle après de longues phrases ». Il faut… Lire la suite
SWIFT GRAHAM (1949-    )

Écrit par :  Robert DAVREU

Au début de l'histoire, à la fois enquête et récit, il y a donc toujours une fin. Sans elle, pas de commencement possible. Le récit des origines trouve nécessairement sa source dans cette fin, préfiguration obligée d'une anamnèse qui est indissolublement « enquête » : à la fois reconstitution et reconstruction imaginative du passé, recréation d'une… Lire la suite
TANDIS QUE J'AGONISE, livre de William Faulkner

Écrit par :  André BLEIKASTEN

Comme Le Bruit et la fureur, Tandis que j'agonise est un roman polyphonique, mais le récit y est bien plus fragmenté : cinquante-neuf monologues intérieurs (à chaque fois précédés, comme dans une pièce de théâtre, d'un prénom ou d'un patronyme) s'y répartissent entre quinze narrateurs. À chaque section, une… Lire la suite
LA TANTE JULIA ET LE SCRIBOUILLARD, Mario Vargas Llosa

Écrit par :  Philippe DULAC

Dans le chapitre "Récits imbriqués"  : …  Qu'est-ce que La Tante Julia et le scribouillard ? C'est, comme l'on dit, une histoire « bien ficelée ». Ou plutôt des histoires, autonomes, alternées, mais qui, dans leur imbrication et leur contiguïté, en viennent peu à peu à s'apparenter dans un commun rapport de sens. En fait, deux… Lire la suite
TERRA NOSTRA, Carlos Fuentes

Écrit par :  Claude FELL

Dans le chapitre "L'éternel retour"  : …  Cette circularité a des conséquences directes sur la structure du récit : périodiquement, surgissent de brèves récapitulations qui établissent une certaine continuité des épisodes principaux. Les mêmes événements (la chasse au cerf, le massacre dans le palais ordonné par Philippe, le voyage vers le Nouveau Monde, etc.) sont saisis sous des… Lire la suite
TITAN, livre de Jean Paul

Écrit par :  Christian HELMREICH

Dans le chapitre "Une constellation de Titans"  : …  saturée de rebondissement et de machinations fantastiques, le lecteur sera frappé par l'écriture jean-paulienne. Admirateur de l'écrivain anglais Laurence Sterne (1713-1768), l'auteur de Titan est en effet le spécialiste de la narration à bâtons rompus, de l'aphorisme et du commentaire, de la métaphore rare, de l'érudition ludique. La parole du… Lire la suite
LES TRAVAILLEURS DE LA MER, livre de Victor Hugo

Écrit par :  Guy BELZANE

Dans le chapitre "La passion de Gilliatt"  : …  Si, des trois romans de l'anankè, celui-ci est le moins populaire, cela tient sans doute à sa « pureté ». Ici, nulle fresque historique, nulle allusion à l'actualité politique, nulle concession aux procédés du roman-feuilleton ; la tentation même du pittoresque y est vite réprimée. La profusion du personnel romanesque qui caractérise… Lire la suite
TRISTRAM SHANDY, livre de Laurence Sterne

Écrit par :  Jean-François PÉPIN

Dans le chapitre "Sterne, précurseur de la modernité romanesque"  : …  La première lecture de Tristram Shandy peut s'avérer assez déconcertante, si le lecteur s'attend à un roman au sens habituel du terme. Ici l'histoire n'a ni début ni fin véritable, les divers épisodes relatés obéissent à leur loi propre, qui est en réalité la seule fantaisie de l'auteur. Mais se limiter à un tel aperçu de l'… Lire la suite
TROPISMES, livre de Nathalie Sarraute

Écrit par :  Aliette ARMEL

Dans le chapitre "Fragments d'intériorité"  : …  L'auteur s'attache à saisir des manifestations infimes du moi, à transformer en langage les vibrations, les tremblements du « ressenti », les mouvements intérieurs produits sous l'effet d'une sollicitation extérieure, « des mouvements ténus, qui glissent très rapidement au seuil de notre conscience » et se déroulent comme de véritables « actions… Lire la suite
ULYSSE, livre de James Joyce

Écrit par :  Marc PORÉE

Dans le chapitre "Une épopée grotesque"  : …  Le roman consacre l'invention de la « méthode mythique ». Au récit chronologique traditionnel se substitue une narration synchronique, centrée sur une journée unique (le 16 juin 1904) dans la vie d'un individu (Leopold Bloom) et dans une ville donnée (Dublin). Or Ulysse est une parodie de l'Odyssée : l'… Lire la suite
V., livre de Thomas Pynchon

Écrit par :  Michel FABRE

Dans le chapitre "Deux intrigues superposées"  : …  Une seconde lecture se révèle nécessaire pour comprendre les enjeux du roman. Elle montre que c'est à un examen détaillé des rapports entre le rationnel et l'irrationnel que nous invitent les deux lignes narratives : l'une porte sur l'existence, l'autre sur l'Histoire. Ainsi, l'intrigue concernant Benny Profane repose surtout sur les sentiments et… Lire la suite

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