De nationalité kirghize, petit-fils de berger nomade, Aïtmatov s'est fait le chantre de son pays avec ses montagnes, ses steppes et le lac Issyk-Koul. Ses œuvres sont imprégnées de folklore, de légendes kirghizes. Après une enfance difficile (son père est victime de la répression stalinienne, puis vient la guerre), il exerce la profession d'agronome, puis de journaliste, et ce n'est qu'en 1958 qu'il est découvert par le grand public avec Djamila. Cette nouvelle, ainsi que Le Premier Maître (Pervyj učitel', 1962), a pour thème le heurt entre les idées et la morale nouvelles et les anciennes traditions. Cependant, avec Adieu Goulsary(Proščaj Gul'sary, 1966), Aïtmatov passe au roman et, à travers les destins croisés d'un vieux berger communiste et de son cheval Goulsary, montre les effets du stalinisme et de la déstalinisation dans un village (aïl) des hauts plateaux kirghizes. Dans Il fut un blanc navire (Belyj parokhod, 1970), le passé, porteur des valeurs morales traditionnelles, est opposé à un présent déshumanisé qui provoque, dans une fin déchirante, le suicide du personnage central, un enfant nourri des […]
