4. Les raisons d'un échec
Le renversement de Tchiang Kai-chek par les communistes est souvent expliqué par la corruption qu'il tolère au sein de son gouvernement. D'autres thèses avancent que le chef du Guomindang est incapable de s'adapter à une situation en évolution. Dirigeant le pays d'une main de plus en plus ferme au fil des ans, il devient moins sensible au sentiment populaire et aux nouvelles idées. Il en vient ainsi à préférer la loyauté à la compétence et à s'appuyer davantage sur les liens personnels que sur le parti. Tchiang Kai-chek maintient dans un premier temps sa position de chef incontesté de la République en faisant jouer habilement la rivalité entre les seigneurs de la guerre et ses potentiels concurrents nationalistes, puis en cultivant adroitement le soutien militaire, diplomatique et financier des États-Unis à son régime. Son renversement par les communistes tient peut-être aussi à la stratégie qu'il adopte pendant la Seconde Guerre mondiale. De fait, il refuse en général d'utiliser ses armées équipées par les États-Unis pour opposer une résistance active à l'occupant nippon, préférant attendre que les États-Unis remportent seuls la victoire sur le Japon. Il choisit ainsi de préserver sa machine de guerre pour l'opposer aux communistes après l'armistice et les écraser définitivement. Mais la stratégie de Tchiang Kai-chek se retourne contre lui. Sa passivité face aux Japonais lui fait perdre son prestige et le soutien du peuple chinois, qui se tourne finalement vers les communistes lorsqu'il constate la résistance farouche que ces derniers opposent à l'ennemi ancestral. Le moral et l'efficacité des troupes de Tchiang Kai-chek déclinent lorsqu'elles sont contraintes de rester passives dans le sud-ouest de la Chine, tandis que les communistes mettent sur pied une vaste armée rompue au combat en faisant simplement appel au sentiment nationaliste chinois. Tchiang Kai-chek a « perdu la Chine » pour avoir manqué d'ambition ou de projet cohérent afin de mener à bien les profondes r […]
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