2. Les causes de l'accident
Lors de la conférence internationale, qui s'est tenue à Vienne en août 1986, les Soviétiques ont exposé pour la première fois leur vision du déroulement de cette catastrophe : pour eux, toute la responsabilité était portée par les opérateurs dont les dirigeants ont ensuite été jugés et condamnés à plusieurs années de prison. Les analyses effectuées à partir de 199l, après l'ouverture des frontières et du dialogue, et présentées à un groupe de spécialistes de l'Agence internationale de l'énergie atomique (A.I.E.A.) ont montré que les causes étaient beaucoup plus complexes. On retiendra plus particulièrement quelques points :
– Une mauvaise conception – qui n'a pas pris en compte la sûreté et les risques d'accident – avec des réacteurs de type R.B.M.K. intrinsèquement instables à basse puissance en raison d'un coefficient de vide très positif, sans que les conséquences possibles en soient analysées ; un « diabolique » système d'arrêt d'urgence qui, contrairement au besoin, peut augmenter la réactivité dans certaines circonstances ; une durée d'introduction des barres de contrôle très lente (20 secondes contre 0,5 seconde dans les réacteurs occidentaux) ; l'absence d'une enceinte résistante et un système de confinement très partiel ; et enfin un manque d'études concernant le facteur humain et les réactions possibles des opérateurs, à qui pourtant était laissé le soin des actions d'urgence (pas d'automatismes).
– Une absence d'échanges entre les concepteurs et les exploitants et une absence de prise en compte du retour d'expériences. Certains des défauts de conception étaient bien connus des concepteurs, qui avaient omis d'en avertir les exploitants. L'effet d'augmentation de la réactivité et donc de la puissance lors de l'introduction de barres de contrôle préalablement extraites du cœur du réacteur avait été mesuré en 1983 lors des essais de démarrage de la centrale d'Ignalina (Lituanie) et du réacteur no 4 de la centrale de Tchernobyl. Les conce […]
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