2. Une histoire mouvementée
• L'époque précoloniale
L'histoire, mal connue, du bassin tchadien est celle de l'adaptation des hommes à l'aridification de la région. Au début, des cultures de chasseurs paléolithiques s'épanouissent et laissent de nombreuses œuvres pariétales. Cette tradition rupestre se maintient chez les pasteurs néolithiques et s'éteint après l'introduction du dromadaire, vers 400 après J.-C.
Dans le bassin tchadien, des céramiques de l'Aïr (Niger), datées de 8000 avant J.-C., sont parmi les plus anciennes de l'humanité. L'agriculture est attestée vers 6000 avant J.-C. et serait apparue chez les pêcheurs des rives de la mer paléotchadienne en voie d'assèchement.
Vers 3000 avant J.-C., le bœuf apparaît au Tibesti et vers 750 avant J.-C. au sud du lac Tchad. Vers cette époque, au nord du lac Tchad, les cultures qui donneront le fer sont déjà en place (le fer est attesté en 300 apr. J.-C. dans un contexte archéologique beaucoup plus ancien).
Il semble que l'élevage du cheval se développe au début de notre ère, précédant de deux ou trois siècles celui du dromadaire. Si le cheval n'eut qu'un usage militaire et de prestige, le dromadaire permit la reprise des relations transsahariennes interrompues depuis des siècles par l'assèchement du Sahara.
Autour des deux grands axes fluviaux que sont au nord le Bahr el-Ghazal et au sud le réseau Chari-Logone, deux ensembles culturels naissent vers le ve siècle après J.-C. : les cultures « haddadiennes » (terminologie de Françoise Claustre), et, au sud, les cultures « sao », célèbres pour leurs céramiques et leurs bronzes.
Les gens des cultures haddadiennes et les agro-pasteurs du Nord, ancêtres des locuteurs des langues est-sahariennes, semblent avoir fondé l'État du Kanem vers le viie siècle. Les Sao, ensembles de pêcheurs et d'agro-pasteurs vivant sur buttes, sans doute de langues tchadiques, avaient un mode de vie aquatique. On en retrouve les traces dans la vallée du Batha et au nord du Guéra et, en amont de leur confluent, le long du Logone et du Chari. Les Sao sont assimilés par les Kotoko et les Kanouri après le
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