Michel Adanson (1727-1806) a été le précurseur génial de la taxinomie numérique. Incompris en son siècle, réfractaire aux axiomes linnéens, Adanson manifesta déjà le besoin d'évaluer quantitativement, de façon précise, reproductible, les différences ou les ressemblances, et de substituer à des évaluations demeurées floues et subjectives des nombres comparables et classables.
Si l'on veut bien se reporter aux diagrammes de la biométrie, par lesquels on représente dans des axes de coordonnées la variation des caractères au sein d'un groupe polymorphe (par exemple, longueur de la corolle, rapport entre longueur et largeur des feuilles), on comprendra aisément le principe élémentaire de la taxinomie numérique : dans un diagramme à deux dimensions représentant deux caractères, les objets étudiés se répartissent selon divers nuages de points susceptibles d'étude statistique (définition d'un centre et des limites du nuage). La « différence » entre chacun des nuages peut être estimée par la distance séparant leurs centres, distance géométriquement tangible et aisément calculée :

