2. La dimension écologique
Dans la plupart des expériences anciennes, les réactions d'orientation ont été analysées au laboratoire en faisant intervenir une seule des variables écologiques habituelles. Cependant, comme Precht l'a souligné en 1942, ces divers stimuli ne peuvent être comparés : dans le cas d'un faisceau lumineux de rayons parallèles, ou dans celui d'un courant électrique, le stimulus est purement directionnel et on ne peut relever de variation importante d'intensité dans la plage où évolue l'animal ; par contre, avec un stimulus chimique intervenant dans un milieu tridimensionnel (air, eau), il n'existe pas de direction privilégiée dans l'espace et la propagation du stimulus se fait par diffusion de proche en proche, ce qui implique variation de concentration en fonction de la distance, autrement dit gradient ; enfin, dans beaucoup d'autres cas, direction et gradient se combinent : ainsi pour un faisceau de rayons lumineux divergent ou convergent, une source de rayons infrarouges.
Il est évident que les moyens utilisés par l'animal pour se diriger sur ces divers stimuli sont différents comme peuvent être différentes les significations des milieux dans lesquels ils se manifestent. Mais il faut également souligner que, dans la nature, aucun stimulus ne peut être comparé à ceux du laboratoire. F. J. Verheijen (1958) est sans doute le premier à avoir souligné avec force que certains critères directionnels de l'environnement naturel sont d'une importance fondamentale. Lorsqu'on mesure la quantité de lumière reçue par un animal en provenance des diverses directions de l'espace, on s'aperçoit qu'on peut enfermer cet animal dans une surface tridimensionnelle complexe enveloppant les extrémités libres des « vecteurs d'éclairement » (droites représentatives des intensités dans les diverses directions et dont l'origine se situe sur l'animal). Cette surface nommée illumination potato par Verheijen est le seul moyen de caractériser objectivement l'environnement par la répartiti […]
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