Ville de la côte méditerranéenne de Syrie, Tartous (ou Tarṭūs) succède à l'ancienne Antaradus, cité tirant son nom de sa situation face à l'île et à la cité phénicienne d'Aradus (‘Arwād ou Rouad). Son nom se déforma ensuite en Tortosa, dont les Arabes ont fait Tarṭūs. Les croisés (Templiers) en firent une importante place forte qui résista jusqu'en 1291. Tartous a conservé, de son passé, d'importants vestiges monumentaux : une partie de ses puissantes fortifications et surtout sa splendide cathédrale fortifiée, Notre-Dame de Tortose (xiie-xiiie siècle) ; à proximité, un sanctuaire phénicien (el Maabeb) et une nécropole phénicienne. Modeste bourgade jusqu'au milieu du xxe siècle, Tartous a été promue au rang de chef-lieu du gouvernorat homonyme (1 892 km2, 728 000 hab. en 2005). La ville a connu un rapide développement : un port moderne et une voie ferrée la reliant à Homs ont été achevés en 1968. Centre d'une riche région agricole, Tartous est un port de pêche et le port d'exportation des phosphates de Syrie. Depuis 1970, Tartous est aussi le terminal du pipeline syrien apportant le pétrole du Karatchōk Dagh. La ville, en pleine expansion, qui abritait près de 30 000 personnes en 1970, en accueillait 85 772 en 2003.
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Crédits: 2005 Encyclopædia Universalis France S.A. Consulter
Jean-Marc PROST-TOURNIER
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