Colonie grecque d'Italie du Sud, Tarente fut fondée en ~ 703, ou un peu avant, par un habitant d'Amyclées, près de Sparte, Phalantos, et ses compagnons parthéniens, les bâtards de la guerre de Messénie. Le mythe du fondateur éponyme Taras, venu sur un dauphin, est plus tardif.
Le site, déjà occupé par les indigènes italiques (vases mycéniens), est magnifique : l'acropole s'étend sur un cap entre la lagune du Mare Piccolo et la rade du golfe, où se trouvait le port. Mais sa situation et son arrière-pays restreint destinaient Tarente à un double combat contre les indigènes et contre les autres Grecs. Au ~ ve siècle, la pression des Iapyges devint si forte que, malgré l'alliance de Rhégion, Tarente essuya devant eux en ~ 474 une sanglante défaite (Hérodote, Histoires, VII, 170), qui entraîna la chute de la monarchie. Une démocratie modérée prend sa revanche sur les Iapyges dont le roi, Opis, est tué en ~ 460. La civilisation tarentine s'épanouit alors, grâce à la prospérité apportée par l'élevage des moutons et des chevaux et par l'industrie de la pourpre ; elle se manifeste par l'éclat de son art conservateur et luxuriant (orfèvrerie, céramique, temple de Déméter, cultes dionysiaques et chthoniens). La vie est fastueuse et joyeuse. En ~ 367 le poète Archytas devient stratège, bel exemple d'un philosophe au pouvoir. C'est l'époque du théoricien de la musique Aristoxène, et de Léonidas, maître de l'épigramme. En ~ 209, Fabius pilla la ville, occupée par Hannibal. Tarente ne se romanisa que lentement, et l'on y parlait encore grec au Moyen Âge.
Jacques DUMONT
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