Animaux minuscules, puisque leur longueur est de l'ordre du millimètre (de 0,05 à 1,2 mm selon les espèces), les tardigrades ont été découverts au xviiie siècle : Johann August Ephraim Goeze (1731-1793) les a décrits en 1773 et Lazzaro Spallanzani (1729-1799) les a nommés en 1777. Ils fréquentent des milieux variés : mer (quelques dizaines d'espèces, certaines jusqu'à 5 000 m de profondeur), eau douce, stations terrestres humides (mousses et lichens en particulier), montagnes (jusqu'à 6 600 m d'altitude). Les types marins seraient primitifs et auraient ensuite gagné les eaux douces et les biotopes humides. La lenteur de leurs déplacements est à l'origine du terme « tardigrade » ; ils sont aussi surnommés « ours d'eau » ou « oursons d'eau » en raison de leur aspect lourd. Mille espèces environ ont été reconnues ; nombre d'entre elles sont cosmopolites avec une préférence pour les régions tempérées et froides ; cependant, au Japon, un genre vit dans une source thermale à 40 0C. La place des tardigrades dans l'arbre généalogique du règne animal est difficile à préciser. Ils constituent peut-être un clade indépendant ; mais on les range souvent avec deux autres groupes (onychophores et pentastomidés) dans le clade artificiel des pararthropodes (L. Cuénot, 1926) qui possèdent un mélange de caractères annélidiens et arthropodiens.
1. Morphologie et anatomie
Le corps, à symétrie bilatérale, est allongé, avec une face dorsale convexe et une face ventrale aplatie ; quatre paires de « pieds » terminés par des griffes sont disposées sur la ligne latéro-ventrale. La disposition de la quatrième paire lui confère une action freinatrice, alors que les trois premières paires assurent la progression. Les griffes, par leur variété, constituent des caractères taxinomiques. À cette morphologie commune s'ajoutent d'autres caractères permettant de séparer trois types de tardigrades : les eutardigrades, formes nues, sans cuirasse, sans appendices, incolores ou peu pigmentées, les hétérotardigrades, rouges ou orangé […]
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