Poète préislamique, Ṭarafa est l'auteur de la plus longue des sept mu‘allaqāt. « Ṭarafa, qui pourtant a fait de sa chamelle une description célèbre, vivait dans l'entourage du roi lakhmide de Ḥīra, qui se vengea de ses railleries en le faisant périr » (C. Pellat, Langue et littérature arabes, Paris, 1970) ; ainsi peut-on résumer la vie du jeune poète, en retenant les traits les plus vraisemblables des nombreuses traditions qui nous sont parvenues à son sujet. Rapportons seulement celle-ci, qui fait de sa mort « une adaptation arabe du thème de la missive perfide » : s'étant attiré la haine du roi par une épigramme, « il se serait rendu au Baḥrayn chargé du message ordonnant qu'on le fît périr » (R. Blachère, Histoire de la littérature arabe, Paris, 1964). Les vers de sa mu‘allaqā développent les thèmes de la poésie préislamique tels que les exploits militaires, les plaisirs de la vie et la brièveté de l'existence. On trouvera une traduction de sa mu‘allaqa et des autres poèmes qui lui sont attribués dans : Seligsohn, Le Dīwān de Ṭarafa ibn al-‘Abd al-Bakrī, Bibliothèque de l'École pratique des hautes études, Paris, 1900-1901.
Georges BOHAS
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