Ce terme, qui signifie « les Réformes », désigne la période de rénovation de l'Empire ottoman, inaugurée en novembre 1839 avec la promulgation du khaṭṭ-i shārif (charte impériale) de Gül-Hané par le sultan ‘Abd al-Madjīd ; cette charte proclame l'égalité de tous les sujets de l'Empire, quelles que soient leur religion et leur nationalité, le droit à la justice pour tous, une juste répartition des impôts, l'institution du service militaire avec réorganisation de l'armée. Par la suite, d'autres réformes sont introduites : sécularisation du droit criminel et d'une partie du droit civil (1847), création de nouveaux types d'enseignement (écoles primaires avec instituteurs appointés par l'État [1845], écoles primaires supérieures, lycée de Galata-Saray à Istanbul [1868], université à Istanbul). Le gouvernement central est réorganisé à l'européenne avec des ministères, un Conseil d'État et une Cour suprême de justice ; les provinces sont elles aussi réorganisées. Le principe des réformes avait été réaffirmé par le khaṭṭ-i hūmāyūn (rescrit impérial) de 1856. Le point culminant a été atteint en 1876 avec la promulgation de la Constitution qui institue un Parlement élu ; mais le revirement politique du sultan Abdülhamid (‘Abd al-Ḥamīd II) met fin, dès février 1878, au Parlement, à la Constitution et à la période des Tanzimat. Le mot de Tanzimat désigne également une école littéraire, contemporaine de ces réformes, qui a été illustrée notamment par Nāmiq Kemāl et par Abdülhak Hâmit (‘Abd al-Ḥaqq Ḥāmid).
Robert MANTRAN
Retour en haut



