Le 31 octobre 2010 se déroulent, sans incident, les élections générales en Tanzanie et dans l'archipel semi-autonome de Zanzibar. L'actuel président Jakaya Kikwete, candidat du Parti de la révolution (Chama cha Mapinduzi, C.C.M.), est réélu pour un second et dernier mandat de cinq ans, avec 61,2 p. 100 des voix. Le chef de l'État affrontait six autres candidats dont Wilbrod Slaa, ancien prêtre et leader du Parti de la démocratie et du développement (Chama cha Demokrasia na Maendeleo, ou Chadema), qui a remporté 26,3 p. 100 des voix, et Ibrahim Lipumba, professeur d'université membre du Front civique uni (Civic United Front, C.U.F.), qui a obtenu 8,1 p. 100 des suffrages. Tandis que le président Kikwete bénéficie d'une grande popularité, les électeurs sanctionnent le parti au pouvoir en ne renouvelant pas le mandat de 51 députés du C.C.M., dont quatre ministres. L'élection au Parlement de Salum Khalfani Barwani, albinos se présentant sous l'étiquette du C.U.F. (opposition), revêt une importance particulière dans le cadre de la lutte gouvernementale contre la persécution généralisée de ces personnes.
Trois mois avant les élections générales, un référendum est organisé dans l'archipel de Zanzibar pour décider si ce territoire semi-autonome restera attaché à l'administration tanzanienne. Les électeurs approuvent massivement ce choix à 66,4 p. 100 des voix. À l'issue des élections générales, le candidat du C.C.M. Ali Mohamed Shein est élu de justesse à la présidence de l'archipel, avec 50,1 p. 100 des suffrages.
La campagne électorale est centrée sur trois points clés : la corruption, le rétablissement de la gratuité de l'éducation et l'instauration de la gratuité des soins de santé. Selon un rapport de l'O.N.G. américaine Global Financial Integrity, la Tanzanie est le pays d'Afrique de l'Est qui a perdu le plus d'argent en raison du blanchiment, de la fraude fiscale et de la corruption. La participation des femmes dans la vie politique se trouve elle aussi au cœur des débats. Celles-ci reprochent aux partis politiques de ne pas tenir compte du protocole mis en place par la Communauté de développement de l'Afrique australe, destiné à instaurer la parité à l'horizon de 2015, même si la Constitution réserve environ un tiers des sièges du Parlement aux femmes.
La croissance économique enregistre une faible hausse, passant de 5 p. 100 en 2009 à 5,7 p. 100 en 2010, notamment du fait des affaires de corruption et d'une inflation élevée, qui a pourtant été réduite à 7,2 p. 100 en juin. La récolte de café est inférieure aux prévisions en raison des intempéries et des maladies qui ont ravagé la région du Kilimandjaro et du lac Victoria.
Généralement perçu comme un champion de la préservation de la planète, le gouvernement tanzanien se heurte aux critiques de l'U.N.E.S.C.O. et des groupes de défense de la biodiversité en raison de son projet de construction d'une autoroute dans le parc national du Serengeti.
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