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BUNCHO TANI (1764-1840)

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2.  Les œuvres monumentales

De cette expérience sont nées des œuvres dont la diversité peut surprendre. Le Honchō Gasan ou le Shukō Jisshu, œuvres monumentales de compilation sur l'art du passé en Chine et au Japon, le Kōyo Tanshō, série de paysages réalistes vus dans une perspective d'une exactitude scientifique, les deux rouleaux supplémentaires du Ishiyama-dera Engi, de style purement yamato-e, montrent son génie d'assimilation. Mais sa grande ambition fut d'unifier, dans une forme nouvelle, les deux tendances fondamentales de la peinture chinoise : le style académique de l'école du Nord et celui de l'école du Sud ou des peintres lettrés.

La diversité de son œuvre rend l'analyse de son style plus difficile encore. Cependant, on peut avancer qu'à une écriture minutieuse, précise et soignée, qui caractérise les peintures de sa jeunesse et de sa maturité, succéda un style plus relâché, brusque et d'un métier moins raffiné. S'il fut d'abord très attiré par l'école du Sud, il se rapprocha de plus en plus par la suite de l'école du Nord avec laquelle il semble avoir plus d'affinité. Excellent technicien, peintre de grand talent, il lui manqua la force et la vigueur des maîtres du passé. N'ayant pas leur génie, ses œuvres restent d'excellentes copies ; fidèles par l'atmosphère, elles manquent de souffle créateur.

Ses contemporains prisèrent sa peinture au point de l'appeler le nouveau Tanyū ou de le comparer aux grands maîtres de l'époque Ming. Peintre très sollicité par les milieux officiels du shōgunat, il connut de son vivant la gloire et la fortune. Maître écouté, il eut d'innombrables élèves. Mais, malgré son talent incontestable et sa faculté étonnante d'assimilation, il ne parvint ni à réaliser une véritable synthèse de tous les apports dont son art était fait, ni à fonder une véritable école.

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