3. Une reconnaissance internationale
Dans les années 1960, à la recherche des effets de masse et de volume, Tange utilise des techniques d'avant-garde, comme les voiles pré-tendues et abrite les grands espaces sous des couvertures légères suspendues, comme pour le palais des sports de Tōkyō en 1964. Il crée un atelier d'architecture et d'urbanisme voué à la réalisation de projets à grande échelle. Cette période de production architecturale intense est consacrée par la commande de la piscine des jeux Olympiques organisés à Tōkyō en 1964 et par la réalisation du plan directeur de l'Exposition universelle d'Ōsaka en 1970, deux projets qui font de l'architecte l'une des figures emblématiques de la renaissance économique du Japon, et lui apportent une reconnaissance internationale.
À partir des années 1980, Tange emploi les parois de verre, notamment pour les façades de l'hôtel Akasaka Prince, du Sōgetsu Hall et de l'Hanae Mori Building à Tōkyō. L'agence Kenzō Tange and Associates (en 1985) étend ses activités au-delà des frontières, en particulier dans le golfe Persique et dans les villes émergentes du Sud-Est asiatique. En France, elle livre un centre commercial pourvu d'une grande salle de cinéma place d'Italie à Paris (1991) et le musée des Arts asiatiques de Nice (1998). Au total, Tange aura été l'auteur de plus de trois cent vingt projets d'architecture, dont la moitié construits à l'étranger.
Monument du quartier de Shinjuku, l'hôtel de ville de Tōkyō (1991), qu'il couvre de carreaux de granit, est sa dernière grande œuvre. En 1987, Tange est le premier architecte japonais à recevoir le Pritzker Prize (équivalent du prix Nobel en architecture). Décédé le 22 mars 2005, Tange Kenzō a bénéficié d'obsèques nationales ; elles eurent lieu dans la cathédrale de Tōkyō qu'il avait édifiée en 1964 – comme un dernier hommage de son pays à ce créateur d'une architecture à la fois moderne et destinée à défier les siècles.
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