2. Expérimentation et urbanisme
Après les projets de Hiroshima, le laboratoire dirigé par Tange à l'université de Tōkyō construit une série de bâtiments institutionnels expérimentant l'usage de matériaux et de technologies modernes – le fer et le verre pour l'hôtel de ville de Tōkyō (1957), ou une expression raffinée du béton brut, le béton précontraint sur une puissante ossature de poutres et de poteaux inspirée par l’architecture traditionnelle en bois, pour l'hôtel de la préfecture de Kagawa (1958) et l'hôtel de ville de Kurashiki (1960). Professeur assistant à l'université de Tōkyō en 1946, puis professeur émérite en 1974, son enseignement et ses réalisations contribuent à former une génération d'architectes ambitieux, dont font partie Isozaki Arata et les architectes du courant métaboliste, Maki Fumihiko, Kikutake Kiyonori, Kurokawa Kishō, qui se manifestent lors de la Conférence mondiale du design à Tōkyō en 1960, en exposant des projets d'architecture et de mégastructures urbaines ouverts à un processus d'évolution et de transformation. À son retour d'un séjour de recherche au Massachusetts Institute of Technology de Cambridge, au États-Unis, Tange propose, en 1961, un plan urbain pour la capitale japonaise : un long axe de circulation traversant la baie de Tōkyō, qui fait la synthèse des utopies urbaines de l'époque et annonce la période de croissance à venir. Dans cette logique, il proposera par la suite pour Paris un réaménagement de la place d'Italie (1984), des abords de la gare d'Austerlitz et de la Bibliothèque de France (1993) dans une vision prospective et utopique visant à développer les structures nouvelles pour le secteur tertiaire. Il réalisera également le plan de villes nouvelles, comme Yerba Buena à San Francisco (1967), un quartier de Bologne en Italie (1967), en Algérie (1976), en Jordanie (1976) et en Arabie Saoudite (1984).
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