Fils d'un maître d'hôtel du comte de Bercy, clerc de notaire puis de procureur, Tallien fait ses premières armes de militant révolutionnaire en fondant (1790) la Société fraternelle du faubourg Saint-Antoine, puis (1791) un journal maratiquement intitulé L'Ami du citoyen. Député à la Convention, il siège à la Montagne, vote avec les régicides, est élu au Comité de sûreté générale ; le 23 août 1793, il est envoyé en mission à Bordeaux : c'est alors qu'il se découvre lui-même. Il multiplie les exécutions dans son proconsulat, mais surtout les exactions et voit dans la Terreur bien pratiquée un excellent moyen de s'enrichir aux dépens des suspects. Dès novembre, il est dénoncé à la Convention pour sa liaison avec Thérésa, fille du banquier espagnol Cabarrus et femme divorcée du marquis de Fontenay : Tallien a fait sortir de prison cette belle suspecte qui le réduit maintenant en esclavage amoureux et lui inspire sa politique. Il est rappelé par les Comités en mars 1794 et Thérésa est de nouveau incarcérée en fin avril. Pour la sauver et se sauver lui-même des attaques des robespierristes, Tallien trouve le courage du désespoir et devient l'un des principaux instigateurs pu […]
