L'année politique 2010 commence au Tadjikistan avec les élections législatives du 28 février, qui donnent au Parti démocratique du peuple du président Emomali Rakhmonov environ 72 p. 100 des suffrages et la plupart des sièges à la Chambre basse du Parlement. Les formations d'opposition, notamment le Parti de la renaissance islamique et le Parti communiste, échouent une fois encore à obtenir une représentation significative au Parlement.
En septembre, le F.M.I. suppose que le Tadjikistan surmonte les effets de la crise financière mondiale grâce à une augmentation des transferts effectués par les émigrés travaillant à l'étranger, mais des pans importants de l'économie tadjike subissent durant l'année les répercussions du ralentissement des livraisons de fret ferroviaire en provenance d'Ouzbékistan. Bien que les autorités ouzbèkes ne l'aient jamais officiellement admis, les Tadjiks pensent que cette baisse de rythme, qui touche principalement l'activité agricole et les travaux d'infrastructure entrepris dans la région méridionale de Khatlon, est destinée à stopper la construction d'un barrage et d'une centrale hydroélectrique gigantesques à Rogun. En octobre, le président ouzbek Islam Karimov déclare que la réalisation de ce projet privera d'eau l'agriculture du sud du pays pendant huit ans, accusation que les Tadjiks démentent violemment.
Au début de l'année, le président Rakhmonov lance une vente d'actions à l'échelle nationale pour financer le projet de Rogun ; tandis que les médias officiels affirment que la population achète ces titres avec enthousiasme, il devient de plus en plus manifeste que les Tadjiks, quel que soit le niveau de leurs revenus, sont contraints de les acquérir. La campagne ne s'interrompt que lorsque le F.M.I. persuade à la mi-avril le pouvoir tadjik qu'il perturbe la stabilité macroéconomique du pays.
Bien que le chef de l'État réaffirme fréquemment l'importance de l'islam dans la société tadjike, il irrite nombre de musulmans pieux au cours de l'année. Il demande en effet aux femmes de ne pas porter l'habit musulman et rappelle dans le pays les étudiants inscrits dans des établissements religieux internationaux, expliquant à leurs parents qu'en envoyant leurs enfants à l'étranger pour effectuer des études religieuses ils risquaient d'en faire des extrémistes.
À la fin de l'été, le Tadjikistan connaît les plus graves manifestations de violence depuis de longues années. Le 23 août, vingt-cinq activistes s'évadent d'un centre de détention de Douchanbé ; en octobre, moins de la moitié d'entre eux sont capturés ou tués. Un commissariat de police est touché par un attentat à la bombe dans la ville septentrionale de Khodjand le 3 septembre. Le même mois, un rapport révèle que vingt-cinq militaires auraient été tués par des activistes islamistes dans la région du Rasht, où l'État a commencé à mener des opérations.
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