Dans l'Antiquité et au Moyen Âge, l'astronomie a pour but de prédire les positions du Soleil, de la Lune et des planètes. À cet effet, les astronomes élaborent des éphémérides, ou tables, fondées sur le système géocentrique de Ptolémée. Vers 900, par exemple, l'astronome arabe al-Battāni, établi en Mésopotamie, construit des tables relativement précises mais d'utilisation difficile. Le centre de l'astronomie se déplace ensuite en Andalousie, où plusieurs tables plus ou moins précises et concurrentes vont voir le jour : tables hachémites, tables de Tolède... Pour remettre de l'ordre, le roi de Castille et de León Alphonse X le Sage rassemble un certain nombre d'astronomes arabes dirigés par un savant juif, Isaac ben Sid, pour dresser de nouvelles tables, les Tables alphonsines ; achevées en 1252, celles-ci supplanteront rapidement les précédentes.
On réalisera toutefois au xve siècle que ces tables fournissent des positions erronées de plusieurs degrés, en raison, notamment, d'un choix incorrect de la période de précession des équinoxes (49 000 ans au lieu de 26 000 ans) ; d'autres tables deviennent alors nécessaires. Ce seront d'abord les éphémérides de Regiomontanus, qui ne couvrent cependant que la période 1475-1506. Les Tables pruténiques ne supplanteront les Tables alphonsines qu’en 1551, trois siècles après leur parution.
James LEQUEUX
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