4. Les dangers du tabagisme
La fumée d'une cigarette est composée d'un mélange hétérogène d'une phase « gazeuse », formée de gaz permanents et de vapeurs non condensées, et d'une phase particulaire constituée par un aérosol dont les particules ont de 0,1 à 0,8 m. Pour étudier les constituants de ces deux phases, les différents centres d'analyse ont été amenés à utiliser des « machines à fumer » dont les conditions d'aspiration ont été normalisées d'après les moyennes statistiques recensées chez les fumeurs. On sépare les deux phases par l'utilisation d'un filtre ou de l'azote liquide à basse température.
La combustion est une pyrolyse qui modifie complètement la nature des éléments du tabac. On relève dans chacune des phases plus de cinq cents composés différents. De plus, la température de combustion entraîne la distillation de certains composants, telle la nicotine. Si la composition qualitative varie d'un tabac à l'autre, elle varie aussi de façon importante entre le début et la fin de la combustion : ainsi, la concentration d'oxyde de carbone et d'acétaldéhyde double entre la première et la dernière bouffée ; la concentration en nicotine peut parfois quintupler.
Retenons quatre groupes de substances incriminées et dans l'étiologie des maladies à l'usage du tabac : la nicotine et ses dérivés ; l'oxyde de carbone ; les substances irritantes de la phase « gazeuse » (aldéhydes) et de la phase particulaire (phénols) ; les « goudrons », substances cancérigènes (hydrocarbures polycycliques) ou cocancérigènes (phénols et esters).
• La nicotine
On connaît la double action stimulante (à dose faible) et paralysante (à dose élevée) de la nicotine. On a cru longtemps que celle-ci n'avait qu'une action très limitée sur le cerveau. Mais on retrouve dans le diencéphale de fortes quantités de nicotine (marquée au carbone 14) injectée par voie intraveineuse (Appelgren, Hansonn et Schmiterlow, 1962). De plus, on a observé des effets importants de la nicotine sur l'acquisition des conditionnements et sur le seuil de vigilance chez l'animal et l'homme.
Les effets cardio-vasculaires sont cependant les plus graves : une augmentation très nette du rythme cardiaque apparaît, accompagnée d'une augmentation de la pression artérielle systolique et de la pression diastolique. On enregistre en même temps une chute de la température cutanée qui marque une baisse de circulation périphérique.
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