5. L'apport des météorites
La cosmogonie moderne repose sur l'emploi de techniques d'analyse théorique ou numérique très sophistiquées. Grâce aux simulations, il est désormais possible de conduire des expériences numériques qui autorisent l'étude de phénomènes d'une grande complexité. La ceinture des astéroïdes et les anneaux des planètes, en particulier, constituent un laboratoire idéal pour tester les modèles élaborés par les dynamiciens. En outre, l'étude des météorites permet de contraindre fortement les modèles de formation des planètes. Celles-ci sont en effet des corps composites témoins de leur temps, dans la mesure où elles sont également issues de la nébuleuse primitive proprement dite. Nombre d'entre elles sont constituées d'alliages d'éléments réfractaires (molybdène, rhénium, tungstène) et d'éléments du groupe du platine (platine, osmium, iridium, rhodium), dont on ne connaît, pour certains, aucune présence par ailleurs.
Les chondrites, aérolithes pierreux contenant moins de 35 p. 100 de métal, constituent la famille la plus ancienne des météorites, l'agglomération des composantes qui forment la roche n'ayant pas subi de transformation notable depuis 4,65 milliards d'années. Leur étude est ainsi riche de renseignements sur la nature de la nébuleuse primitive et sur la vitesse à laquelle les condensations se sont faites. Elles sont composées de chondrules, sphères microscopiques de différents minéraux formant un conglomérat météoritique. On trouve dans les chondrites des globules provenant du refroidissement d'un minéral fondu, au sein d'une matrice faite de fragments minéraux avec des arêtes aiguës, ce qui indiquerait un processus de fracture par collision : la formation des premiers planétésimaux du système solaire semble donc bien être le résultat d'une suite de processus d'accrétion et de fragmentation par collision, aboutissant à la formation des noyaux des planètes gazeuses (Jupiter, Saturne...) et des planètes solides (fig. 2).
L'étude de la composition […]
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