2. La nébuleuse primitive
La compréhension de la formation et de l'évolution de notre propre système planétaire, la cosmogonie, représente une étape nécessaire à la recherche de systèmes planétaires extrasolaires. Diverses théories ont été proposées pour rendre compte de l'existence du système solaire.
René Descartes (1596-1650) est l'auteur de la première cosmogonie rationnelle en décrivant, en 1644, dans les Principia philosophiae, un mécanisme fondé sur les tourbillons. Pour le philosophe, la course des planètes résulte des mouvements tourbillonnaires incessants animant le « fluide subtil » dans lequel baigne nécessairement notre monde. Dans son œuvre maîtresse publiée en 1687, les Philosophiae naturalis principia mathematica, Isaac Newton (1642-1727), sans formuler lui-même d'hypothèse cosmogonique précise, critique sévèrement le modèle de Descartes en objectant que les queues cométaires ne sont pas déviées par les supposés tourbillons et que ceux-ci sont en outre incapables d'expliquer la troisième loi de Kepler. Néanmoins, la gravitation universelle énoncée par Newton, en impliquant une action à distance, demeure tellement abstraite que le système de tourbillons de Descartes restera en faveur jusqu'au milieu du xviiie siècle.
En 1745, Georges Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788), est le premier à suggérer que les planètes ont peut-être été expulsées du Soleil lors de la collision rasante d'une « puissante comète » passant à son périhélie. À cette époque, en raison de leur étendue, on tient les queues cométaires pour extrêmement massives, capables d'endommager le Soleil en cas de rencontre. En recourant à ce scénario-catastrophe, le naturaliste trouve une explication astucieuse à l'origine de la « force d'impulsion » qui anime les planètes.
On doit au philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804) la présentation, en 1755, de la première théorie cosmogonique dite d'accrétion. Dans son Allgemeine Naturgeschichte und Theorie des Himmels (Histoire naturelle générale et t […]
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