4. L'homme, agent d'érosion
Depuis l'apparition de l'agriculture, l'homme est devenu un agent d'érosion redoutable. Signalée sous toutes les latitudes, la destruction des sols cultivés revêt différents aspects. On citera les ravins et les ravineaux ouverts par le ruissellement concentré ; dans les cas extrêmes, le recoupement de leurs versants transforme le paysage en une succession de crêtes aiguës caractérisant les badlands de l'Ouest américain. Cette érosion accélérée s'exprime aussi par des mouvements de masse, que manifestent des fentes d'arrachement, des niches de décollement ou des plans de glissement, auxquels correspondent des terrassettes, des bourrelets de solifluxion et des coulées boueuses. Les champs ou les plantations plus ou moins ravagés par ces phénomènes se situent surtout dans les régions de climats agressifs (pays méditerranéens) et les montagnes humides très déboisées (Atlas tellien). Dans les milieux tropicaux, les épais manteaux d'altérites, défrichés, subissent des dégradations comparables (Afrique de l'Ouest, Amazonie). Elles prennent des proportions catastrophiques dans les hautes montagnes de l'Asie des moussons (Indonésie, Himālaya), à la suite de défrichements abusifs.
À ces manifestations parfois spectaculaires s'ajoutent des actions plus insidieuses, mais non moins dangereuses. Ainsi, l'érosion pelliculaire due au ruissellement diffus finit par tronquer les sols cultivés. Dans les montagnes méditerranéennes surpâturées, elle provoque le déchaussement de la végétation. La déflation s'associe efficacement à l'action des eaux courantes dans les plaines balayées par des vents violents et fréquents. À cet égard, l'ampleur atteinte par les tempêtes de poussière dans la Prairie américaine (Dust Bowl) et la Pampa argentine est significative. En milieu aride, l'ensablement consécutif à la déflation éolienne crée une menace permanente contre les espaces cultivés.
Malgré la modération de leur climat, les milieux tempérés connaissent aussi de telles ag […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 9 pages…



