9. Propriétés génériques
Que dire d'un système dynamique « général » ? Voilà une question bien vague...
Certains théorèmes sont universellement valables et limitent en quelque sorte l'« espace » de tous les systèmes dynamiques (théorèmes d'existence et d'unicité locales de Cauchy-Kowalewska, théorème ergodique de Birkhoff, théorème de Piesin...) mais, de même que le lemme de Sard pour la théorie des fonctions différentiables, ces théorèmes contraignent peu la géométrie du système.
Peut-on alors répéter ce qui a si bien réussi pour les fonctions, c'est-à-dire définir une classe de systèmes dynamiques assez particulière pour que la dynamique des éléments de cette classe soit géométriquement descriptible, et assez générale pour contenir « presque tous » les systèmes dynamiques (ou « presque tous » les systèmes d'un certain type : gradient, hamiltonien, avec symétries, etc.) ? Et si les éléments de cette classe étaient structurellement stables, quel soulagement pour les physiciens, ingénieurs, et autres chercheurs de modèles ! Plus de problème métaphysique sur l'imprécision des prédictions due à l'imprécision des coefficients numériques s'il y a toutes les chances pour que l'équation écrite soit stable et si de plus la dynamique d'une telle équation admet une description géométrique simple.
Ce rêve, un moment caressé par Smale (les succès obtenus par Peixoto en dimension deux y incitaient), s'est avéré doublement naïf, mais sa poursuite est à l'origine de nombreuses découvertes passionnantes. Naïve en effet l'idée que la stabilité structurelle d'un système implique la possibilité de prédictions précises : pour les systèmes qui, tels les flots géodésiques ergodiques de la fin du chapitre 7, présentent une « dépendance sensible des conditions initiales », seule une prédiction de type statistique est possible (chap. 8). Naïf également l'espoir que « presque tout » système dynamique soit structurellement stable, ou même descriptible géométriquement. Et puis, quel sens donner à « presque tout » ? Déjà dan […]
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