7. Hyperbolicité
Les exemples des chapitres précédents ont fait apparaître la possibilité dès la dimension trois (dimension deux pour les difféomorphismes, un pour les endomorphismes) d'un comportement asymptotique complexe de certains ensembles de courbes intégrales (orbites) ; de plus, ce comportement, loin d'être exceptionnel, pouvait comme dans l'exemple 1 posséder une certaine stabilité vis-à-vis des perturbations des équations.
Nous donnons dans ce chapitre un aperçu de la structure de ces mouvements asymptotiques pour les systèmes dynamiques vérifiant l'axiome A de Smale, seule grande classe dont existe une théorie globale satisfaisante : la stabilité y est due en dernier ressort à la stabilité des points fixes hyperboliques des difféomorphismes d'un espace vectoriel normé complet. Ce dernier fait est très général : si l'attracteur d'un difféomorphisme ne change pas sous de petites perturbations éventuellement différentes à chaque itération, il est hyperbolique au sens défini ci-dessous (théorème de Franks).
Cette théorie a son origine dans les travaux d'Anosov sur le flot géodésique des variétés riemanniennes à courbure négative, flot relié en particulier au mouvement d'une masse ponctuelle sur la variété ; nous décrirons succinctement le cas des surfaces de courbure négative constante à la fin du chapitre, mais nous parlerons surtout des systèmes dynamiques à temps discret (difféomorphismes), le cas des flots étant parallèle. Les références accessibles sont l'article de Smale dans le Bulletin de l'A.M.S., le petit livre de Bowen, et le cours de Lanford aux Houches ; un exposé plus technique se trouve dans le livre de Shub.
Commençons par préciser la notion de comportement asymptotique en définissant l'ensemble non errant Ω(f ) d'un difféomorphisme f d'une variété M comme le complémentaire du sous-ensemble de M formé des points possédant un voisinage U tel que fk(U) ∩ U soit vide pour tout entier k (points errants ; dans le cas d'un flot, la condition devient ϕt(U) ∩ U vide pour t > t0). Il est clair que Ω(f ) est fermé, invariant par f (c'est-à-dire f (Ω) = Ω), et contient le sous-ensemble Per(f ) de […]
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