6. Couplage d'auto-oscillations et attracteurs étranges
La simplicité des attracteurs que nous avons rencontrés jusqu'ici (sous-espaces homéomorphes à des points, des cercles ou des tores) nous a dispensés de donner de ce terme une définition plus précise qu'« ensemble des mouvements asymptotiques dans un système dissipatif ». Même dans le pendule forcé que nous avons étudié à la fin du chapitre 5, la plupart des courbes intégrales de la région considérée tendaient asymptotiquement vers l'une ou l'autre de deux orbites périodiques, et la complexité de l'ensemble invariant que nous avons trouvé pour l'application de Poincaré (localement le produit d'une droite par un ensemble de Cantor) reflétait seulement l'intrication des bassins d'attraction de ces orbites. Dans les exemples de ce chapitre, c'est l'attracteur lui-même qui sera responsable de la complexité et un essai de définition vaut d'être tenté : on appellera attracteur d'un système dynamique (à temps continu ou discret) un sous-ensemble fermé invariant (c'est-à-dire une réunion d'orbites) de l'espace de phase, attirant tous (presque tous serait plus raisonnable) les points d'un voisinage (le bassin de l'attracteur) lorsque le temps croît, et ayant une certaine forme d'indécomposabilité, par exemple la possession d'une orbite dense (c'est-à-dire une orbite venant arbitrairement près de chaque point du sous-ensemble). Si, comme pour les courbes de Birkhoff, cette dernière condition n'est pas remplie, on parlera d'« ensemble invariant attractant ». Notons que cette quasi-homogénéité implique qu'un attracteur est, au voisinage de chacun de ses points, ou bien très simple (par exemple une variété), ou bien très compliqué (au mieux un ensemble de Cantor). Suivant une tradition dont l'origine est mal établie, l'adjectif étrange sera accolé à tout attracteur ne ressemblant pas à ceux qu'on a déjà rencontrés dans les chapitres précédents. Cela implique souvent une dépendance sensible des conditions initiales (croissance exponentie […]
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