4. Perturbations périodiques d'un pendule sans frottement et difféomorphismes du plan préservant les aires
L'application au pendule des chapitres 1 et 2 d'une perturbation dépendant périodiquement du temps introduit une grande complexité de comportement, celle précisément dont Poincaré disait à la fin du troisième tome de ses Méthodes nouvelles de la mécanique céleste (chap. XXXIII, p. 389, 1899) : « On sera frappé de la complexité de cette figure que je ne cherche même pas à tracer. Rien n'est plus propre à nous donner une idée de la complication du problème des trois corps et en général de tous les problèmes de dynamique où il n'y a pas d'intégrale uniforme et où les séries de Bohlin sont divergentes. » Dans les cents ans écoulés depuis la publication de ces lignes, de grands pas ont été faits vers la compréhension de ces situations, certains prévus par Poincaré, d'autres qui l'auraient certainement surpris (mais auraient fait grand plaisir à Weierstrass) ; les plus marquants sont le développement, à la suite de Hadamard (1898) et Morse (1921), des méthodes de dynamique symbolique qui ont conduit à l'analyse par Birkhoff, puis Smale, de la dynamique associée à un point homocline, la démonstration par Birkhoff en 1913 du dernier théorème géométrique de Poincaré assurant l'existence de mouvements périodiques sous-harmoniques, enfin, dans les années cinquante et soixante, le théorème de Kolmogorov, Arnold, Moser (K.A.M.), affiné plus tard par Rüssmann et Herman, qui assure l'existence de familles de mouvements quasi périodiques et résout ainsi le problème de la stabilité des mouvements périodiques elliptiques d'un système hamiltonien à deux degrés de liberté (malheureusement celui qui décrit le système solaire en a plus de deux). La démonstration de ce dernier théorème est rendue très difficile par la présence de petits dénominateurs qui font diverger les classiques séries de perturbation (le premier théorème surmontant une difficulté de ce type a été démontré par Siegel […]
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