5. Britanniques et Français
• Faysāl à Damas
Les troupes d'Allenby avaient été soutenues par une armée bédouine que commandait le prince Faysāl, fils du chérif de La Mecque. C'est cette armée qui avait pris Damas le 1er octobre. En mars 1920, Faysāl, s'appuyant sur les promesses faites par les Anglais à son père d'un « grand royaume arabe » s'étendant à toutes les possessions arabes de l'Empire ottoman, réunit à Damas un congrès général syrien dont les membres, venus de toutes les parties de la Syrie traditionnelle – sauf du Liban, que les Français occupaient – proclamèrent « l'indépendance de la Syrie dans ses limites naturelles, y compris la Palestine », et l'élirent roi. Mais, en même temps qu'elle promettait le grand royaume arabe au chérif de La Mecque, l'Angleterre concluait avec la France des accords répartissant ce même domaine en zones d'influence, la Syrie et le Liban constituant les zones françaises (accord Sykes-Picot, 1916). À la conférence de San Remo, en 1920, les pays arabes ex-ottomans étaient placés sous mandat français (Liban, Syrie) ou anglais (Irak, Transjordanie, Palestine).
Les Libanais avaient accueilli les Français en libérateurs ; mais la déception fut grande chez les chérifiens de Damas. Non seulement Faysāl ne reconnut pas l'autorité des Français mais il fit couper la voie ferrée Rayak-Alep, utilisée pour le ravitaillement des troupes françaises qui combattaient encore les Turcs en Cilicie. En juillet 1920, le général Gouraud, haut-commissaire à Beyrouth, occupa Alep, Homs et Hamā. Un corps français battit l'armée chérifienne à Khān Meissalūn le 24 juillet et entra le 25 à Damas. Faysāl quitta la Syrie où les Français établirent une administration mandataire.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 35 pages…



