2. La Syrie avant la conquête arabe
Les Cananéens autochtones et les Phéniciens qui, vers le milieu du deuxième millénaire, s'étaient mêlés à eux le long des côtes, avaient, au cours des siècles, formé un peuple syro-phénicien ayant une langue et une civilisation propres, et se distinguant des peuples environnants, arabe, égyptien et anatolien. Divisée en petites principautés, soumise par intermittence à l'Égypte à partir du xive siècle, la Syrie fut le théâtre de la migration des Hébreux aux xviie et xvie siècles, du débarquement des Philistins au xiie siècle, des incursions de tribus anatoliennes, puis des invasions des Babyloniens, des Égyptiens, des Hittites, des Assyriens, des Perses et des Macédoniens. C'est en 312 avant J.-C. que Séleucos, lieutenant d'Alexandre, fonda dans la vallée de l'Oronte un État ayant Antioche pour capitale, auquel il donna le nom de royaume de Syrie et qui s'étendit, par étapes successives, de la mer Égée à l'Inde. Pendant cette période s'infiltrèrent en Syrie des Arabes venus du sud de la péninsule arabique ; ils fondèrent des communautés à Émèse (Homs), Palmyre, Petra, dans le Haourân et la Damascène. Ils adoptèrent la langue araméenne, et se convertirent plus tard au christianisme. Certains, tels les Ghassānides, jouèrent un rôle important dans l'histoire de la Syrie. En 64 avant J.-C., le royaume séleucide s'effondra sous les coups des Romains qui formèrent la Provincia syria avec toutes les parties de la Syrie traditionnelle. Le pays connut alors une période de grande prospérité. D'après les auteurs anciens, sa population atteignit le chiffre de sept millions. La ville d'Antioche compta jusqu'à 300 000 habitants. Une renaissance araméenne se développa à partir des écoles d'Édesse (Ūrfa), Antioche, Héliopolis (Baalbek) et Palmyre se couvrirent de monuments grandioses.
Les Syriens jouèrent un rôle important à Rome. « Voici que l'Oronte syrien s'est déversé dans le Tibre, apportant sa langue et ses mœurs », écrivait Juvénal au ier siècle. Les légions stationné […]
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