Une grave sécheresse touche le nord-est de la Syrie en 2010. Les villages situés sur les rives de l'Euphrate et de ses affluents, désormais asséchés, se vident à mesure que les résidents se réfugient à Alep et à Damas pour trouver de quoi se nourrir. Les agences de l'O.N.U. distribuent des approvisionnements d'urgence, mais elles sont confrontées à des difficultés logistiques persistantes et au chapardage généralisé. Les hôpitaux publics sont surchargés de malades et de personnes souffrant de malnutrition, tandis qu'un nombre grandissant de familles rurales désespérées déscolarisent leurs enfants pour qu'ils cherchent du travail.
Les tensions demeurent vives entre les autorités et les activistes kurdes. Le 21 mars, les unités antiémeutes tirent sur une foule qui fête le nouvel An (nowrouz) à al-Raqqa après que des manifestants ont refusé d'échanger les drapeaux kurdes qu'ils brandissaient contre des drapeaux syriens. Au milieu du mois de juin, les forces de sécurité appréhendent de nombreux Kurdes soupçonnés d'avoir sympathisé avec le Parti des travailleurs du Kurdistan.
À la mi-avril, un islamiste influent, Abd al-Munim Mustafa Halima, critique les Frères musulmans pour avoir engagé des discussions avec le gouvernement et prévient que la reprise de la lutte armée pourrait être la seule manière de « forcer le parti Baas au pouvoir à introduire de sérieuses réformes politiques ». À la fin du mois de juillet, les hauts responsables de la confrérie des Frères musulmans remplacent le guide général Ali Sadreddin al-Bayanouni, en poste depuis longtemps, par Muhammad Riyad al-Shaqfih, un ingénieur de soixante-six ans originaire d'Hama. Le nouveau guide nomme Faruk Taifur, également né à Hama, pour le seconder dans sa mission. Les deux hommes ont participé à la lutte armée contre le parti Baas au début des années 1980, et le second était un opposant déclaré aux ouvertures qu'al-Bayanouni proposait aux autorités. Dans son discours d'investiture, al-Shaqfih promet néanmoins d'éviter la violence et de prendre […]
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