3. Internationalisation des enjeux
En même temps que l'Europe se débat, dans les années 1980-1990, sur la façon de résoudre sa crise des surplus agricoles, la société prend conscience des effets négatifs du modèle de l'agriculture intensive pour le territoire : pollution des intrants (engrais, pesticides...) et fragilisation des espaces agricoles aux aléas naturels (inondations...) d'un côté ; enfrichement, incendies et fermeture des paysages de l'autre. À la fin des années 1990, une succession de crises sanitaires mettent en accusation certaines pratiques d'élevage dites « modernes ». Parallèlement, les médias sont devenus plus critiques à l'égard des « lobbies agricoles » et le premier d'entre eux : « la toute-puissante F.N.S.E.A. » accusée d'avoir « parrainé toutes les folies de l'agriculture intensive ». La grande centrale syndicale paye alors le monopole qu'elle a exercé dans la co-définition de la politique agricole, son attitude politique très partisane et son aversion à l'encontre des mouvements écologistes.
En revanche, la Confédération paysanne bénéficie d'un courant de sympathie dans l'opinion qui dépasse l'électorat de gauche. Depuis longtemps, elle dénonce le « productivisme agricole » et met les attentes de la société au cœur de son projet pour l'agriculture. Aujourd'hui, les positions affichées des différentes organisations syndicales se sont rapprochées en matière de régularisation des marchés, de maîtrise de la production et d'une meilleure prise en compte des attentes de la société, même si les projets concrets restent encore divergents, notamment à propos des organismes génétiquement modifiés (O.G.M.). Cependant, le devenir de l'agriculture se joue désormais principalement aux niveaux de la P.A.C. et de l'O.M.C. où des choix cruciaux sont en débat. Or le poids politique du syndicalisme agricole s'est considérablement affaibli et, parallèlement, de nouvelles forces ont émergé – mouvements écologistes et associations de consommateurs – qui entendent pese […]
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