Le 18 mars 1950 a lieu à Paris, dans la salle de l'École normale de musique, le premier concert de musique concrète. Pierre Schaeffer et Pierre Henry présentent l'œuvre qu'ils ont signée ensemble, la Symphonie pour un homme seul, qui marque une rupture totale avec tout ce que l'on avait pu écouter auparavant : peu de mélodie, peu d'harmonie et, surtout, pas d'interprètes. Cette pièce est en effet entièrement constituée d'un agencement de sons divers et variés, difficilement reconnaissables car coupés de leur source, la musique concrète prenant comme point de départ des matériaux sonores préexistants – bruits ou sons instrumentaux produits devant un microphone –, qui sont montés et mixés : il s'agit de ce qui sera qualifié en 1966 de musique acousmatique. Pierre Henry et Pierre Schaeffer entendaient utiliser les sons en tant que tels et non pas en fonction d'un critère esthétique. Selon Pierre Schaeffer, il ne s'agissait cependant pas d'introduire le bruit dans la musique, mais de « remettre en cause l'opposition primaire entre son et bruit en découvrant la musicalité potentielle de sons habituellement considérés comme bruits ». Ce monde sonore inédit va de pair avec une redéfinition implicite de l'objet sonore et de la composition musicale, qui ne repose plus sur la notation classique, en l'occurrence impossible.
Son
Symphonie pour un homme seul Pierre Schaeffer (1910-1995) et Pierre Henry (né en 1927) début de la «Valse», troisième mouvement de la Symphonie pour un homme seul (1950) réalisation de Pierre Henry (1951). Image: Maurice Béjart et Michèle Seigneuret en juillet 1955 dans Symphonie pour un homme seul, sur la musique de Pierre Schaeffer et Pierre Henry.…
Crédits: Musique: "Symphonie pour un homme seul" (Pierre SCHAEFFER / Pierre HENRY) © Pierre SCHAEFFER / Pierre HENRY
(p) Producteur Pierre Henry
Remastering Pierre Henry 1952
Numérisation Pierre Henry 1999.
Image: © Lipnitzki-Viollet.
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Juliette GARRIGUES
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