1. Auteur
Mahler entame à vingt ans une prestigieuse carrière de chef d'orchestre; il devient en 1891 premier chef à l'Opéra de Hambourg et prend la direction de l'Opéra de Vienne en 1897. En 1907, trois coups du destin le frappent : sa fille Maria meurt à quatre ans, il apprend qu'il est atteint d'une maladie de cœur incurable et il doit quitter Vienne à la suite d'une campagne antisémite. Ses dernières années se passent entre New York, où il dirige au Metropolitan Opera et à la Société philharmonique, et l'Europe, où il termine sa Neuvième Symphonie (1909). Il laisse inachevée une Dixième Symphonie dont l'adagio initial sonne comme un adieu à la tonalité.
2. Genre - Symphonie
Mahler se consacre presque exclusivement à la symphonie et au lied (mot qui signifie «chant», en allemand), qu'il va unir étroitement. Quatre de ses neuf symphonies achevées, les Deuxième, Troisième, Quatrième et Huitième, font intervenir la voix d'un ou de plusieurs solistes ainsi que des chœurs. Et, si quelques-uns de ses lieder sont accompagnés au piano, la plupart le sont par l'orchestre ; le dernier de ses cinq cycles, Das Lied von der Erde («Le Chant de la Terre»), constitue d'ailleurs une véritable symphonie. Les symphonies de Mahler marquent le point culminant, mais en même temps le terme, de la symphonie viennoise créée par Haydn.
3. Forme
Les symphonies de Mahler font éclater la forme classique mais conservent, malgré leurs grandioses proportions (la durée d'exécution de sa Troisième Symphonie, en six mouvements, atteint une heure et demie), une grande unité, assurée par des thèmes qui irriguent de manière cyclique les différents mouvements. La surprise est perpétuelle : Mahler utilise des chants populaires, des rengaines, des valses, des fanfares, des marches militaires... Chef d'orchestre exceptionnel, Mahler est un brillant orchestrateur, qui exploite la richesse des couleurs instrumentales ; le timbre devient un paramètre fondamental de l'écriture.
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