2. Le baptême d'Esprit
Le message du Nouveau Théologien s'adresse à tous, y compris à « ceux qui vivent au milieu du monde ». Syméon ne s'attarde pas à nuancer les degrés de contemplation. Pour lui, tout homme qui « retourne son cœur » peut éprouver « soudain » l'expérience de la foi. L'Esprit repose sur l'Église comme corps sacramentel du Christ. Mais le baptême n'est rien s'il n'est actualisé par une naissance consciente dans l'Esprit ; l'eucharistie n'est rien si nous n'éprouvons pas que le Christ, en nous incorporant à son corps comme paille dans le feu du Buisson ardent, rencontre et accueille chacun dans un échange quasi nuptial. À l'intériorisation des « mystères » correspond celle des Écritures, car « l'homme qui est entré dans la familiarité de Celui qui a inspiré des Livres saints [...] devient lui-même pour les autres un livre inspiré qui porte, inscrits du doigt même de Dieu, les mystères anciens et nouveaux [...]. Dans le premier baptême [...], l'onction d'huile préfigure l'onction intérieure de l'Esprit ; mais le second baptême n'est plus la figure de la vérité, c'est la vérité même » : le témoignage des Apôtres se multiplie dans celui des « hommes apostoliques » qui prennent place dans la « chaîne d'or », dont les premiers maillons s'appellent Paul, Étienne, Jean à Patmos...
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