2. Formes symboliques
Ainsi, le symbolique se prolonge phénoménologiquement dans le mythe, qui est un discours, tandis que le symbole est, par essence, soit muet, soit énigmatique. Dès lors, on comprend que Lévi-Strauss ait rapproché, tout en maintenant leur distance mutuelle, le mythe et la musique ; celle-ci procède, en effet, de formes symboliques. Ernst Cassirer a le premier attiré l'attention sur les formes symboliques ; il désignait, par cette expression, de grandes catégories : langage, mythe, art, connaissance. En fait, ce qui s'impose comme système de signes privilégié, c'est le langage – et cela, aussi bien pour Freud que pour Cassirer, qui ignore Freud. En effet, la psychanalyse, qui est, selon celui-ci, le « travail qui consiste à ramener jusqu'au conscient du malade les éléments psychiques refoulés », non seulement traduit l'inconscient en langage, mais encore fait de l'inconscient une structure de langage (J. Lacan). Quant à la philosophie des formes symboliques de Cassirer, même si elle se maintient « dans les limites d'une philosophie de la conscience », c'est sur la lancée de l'œuvre de Wilhelm von Humboldt qu'elle s'est constituée, c'est-à-dire autour de la linguistique.
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