Silhouette longiligne, souplesse et résistance exceptionnelles, la Française Sylvie Guillem s'est imposée d'emblée comme une danseuse incomparable et originale au sein du Ballet de l'Opéra de Paris où, en quatre ans, elle est devenue étoile. Interprète des grands rôles du ballet classique, réclamée par les grandes scènes internationales, guidée par son exigence artistique, elle a gagné son indépendance et changé de registre pour s'ouvrir à la modernité.
1. Une enfance de gymnaste
Née à Paris en 1965, Sylvie Guillem se destine à la gymnastique de compétition, emboîtant très tôt le pas de sa mère, qui enseigne cette discipline au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). À l'âge de onze ans, elle est présélectionnée dans l'équipe de France, appelée à préparer les jeux Olympiques de Moscou. Dans le but de parfaire son entraînement, elle est envoyée en stage à l'école de danse de l'Opéra de Paris. Claude Bessy, directrice avisée, remarque tout de suite une impeccable silhouette, des dispositions innées et une souplesse musculaire hors du commun. Elle détourne la jeune gymnaste de la poutre et du cheval-d'arçons et en fait une élève prodige, directement admise en deuxième année d'études en 1976.
2. L'envol d'une étoile
En 1981, c'est l'engagement dans le corps de ballet de l'Opéra de Paris, l'apprentissage, les places à tenir dans les ensembles. Sylvie Guillem prend pour une simple formalité les concours annuels qui lui permettent de gravir les échelons de la hiérarchie et de se faire reconnaître des spécialistes. Elle n'est d'ailleurs jamais en peine de succès. En témoigne la médaille d'or décrochée en 1983 au concours de Varna (Bulgarie), qui rassemble régulièrement sur les bords de la mer Noire les meilleurs espoirs du monde entier. Cette irrésistible ascension la propulse au rang de première danseuse en 1984 ; elle n'aura guère le temps de s'habituer à ce titre puisque, cinq jours plus tard, elle est nommée étoile, sur proposition de Rudolf Noureev, alors directeur de la danse. Et cela au soir d'une prise de rôle prestigieuse, celle d'Odette-Odile, l'héroïne au double visage du Lac des cygnes. Sylvie Guill […]
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