On connaît la fin tragique que Sylvia Plath s'est réservée. Mettant la tête dans le four à gaz de son appartement londonien le 11 février 1963, quelque temps après sa séparation d'avec Ted Hughes, son mari, et alors que la réussite littéraire venait d'être confirmée par la publication de son premier roman : The Bell Jar (La Cloche de détresse) en janvier de la même année, Sylvia Plath achevait brutalement sa carrière. Elle avait à peine trente et un ans et venait de passer comme un météore dans le ciel de la poésie de langue anglaise.
Romantique, Sylvia Plath le fut à son corps défendant. Romantique parce que les images de décomposition, de suicide, d'anéantissement eurent finalement raison de sa volonté lucide de les maîtriser. Mais il n'en faut pourtant pas moins dissocier la réalité de la légende. L'art de Sylvia Plath est classique par la forme. Du Colossus, son premier recueil paru à Londres en 1962 chez Heinemann jusqu'à Winter Trees, paru en 1971 chez Faber & Faber, son vers acquiert souplesse et fluidité tout en conservant la disposition typographique des strophes égales. La rime, telle qu'un remords ou une ombre allitérative […]
