Avocat au Parlement de Paris, Sylvain Maréchal doit renoncer à plaider pour des raisons de santé et va occuper l'emploi plus modeste de sous-bibliothécaire au collège Mazarin. En 1781, il publie les fragments d'un poème moral sur Dieu, puis en 1784 le Livre échappé au Déluge, parodie de la Bible ; enfin, en 1788, une sorte de calendrier philosophique, l'Almanach des honnêtes gens, qui est brûlé par ordre du bourreau, mais dont s'inspirera Fabre d'Églantine pour son calendrier révolutionnaire. Maréchal accueille avec enthousiasme la Révolution et inspire la politique de déchristianisation menée par la Commune de Paris. Sous le Directoire, il publie Code puisCulte et loi d'une société d'hommes sans Dieu, vision utopique d'une société sans prêtres et sans dieux. À un athéisme militant, il joint des idées sociales qui le rapprochent de Babeuf. Son égalitarisme l'entraîne à faire partie de la conjuration babouviste et à rédiger le Manifeste des Égaux. Il échappe à la répression menée par le Directoire contre Babeuf et ses complices. Fut-il un agent double introduit à l'intérieur de la conspiration ? L'historien Georges Lefebvre le laisse entendre. […]
