Biochimiste américain d'origine canadienne né à Montréal. Après des études de physique au Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.) à Cambridge, et une année à l'université Columbia à New York, Sydney Altman effectue, à l'université de Boulder (Colorado) des recherches sur le mécanisme de la mutagenèse induite par l'acridine et ses dérivés, thème qui va constituer le sujet de sa thèse de doctorat.
Après un stage postdoctoral à l'université Harvard (Cambridge, Massachusetts), il effectue un séjour de deux ans en Grande-Bretagne à Cambridge, dans le laboratoire de biologie moléculaire du Conseil de la recherche médicale (M.R.C.). En 1972, il obtient un poste de professeur adjoint dans le département de biologie de l'université Yale (Connecticut). Il va y effectuer toute sa carrière ; il y est nommé professeur en 1980 et est président du département de biologie de 1983 à 1985.
En même temps que Thomas Robert Cech, mais indépendamment, S. Altman est amené à proposer qu'un acide nucléique n'agit pas seulement en détenant et en transmettant l'information nécessaire à la formation des protéines, mais également en catalysant certaines réactions biologiques, c'est-à-dire en jouant un rôle que l'on considérait jusque-là comme spécifiquement dévolu aux enzymes. Altman a étudié la ribonucléase-P, une enzyme qui catalyse la dépolymérisation, ou découplage, de l'acide ribonucléique (ARN) qui conduit à la formation de l'acide ribonucléique de transfert (tARN). La ribonucléase-P est formée d'ARN et d'une protéine. Altman a pu montrer que seule la partie ARN de l'ensemble est nécessaire pour catalyser la formation du tARN, et que la partie protéine ne joue aucun rôle dans le processus. L'ARN, n'est donc pas seulement le porteur passif de l'information génétique, mais il peut aussi avoir une activité enzymatique, ce qui permet de reposer d'une manière inédite le problème de l'origine de la vie.
Sydney Altman a partagé avec Thomas Robert Cech le prix Nobel de chimie en 1989.
Georges BRAM
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