2. Une économie prospère dans un pays pauvre
Le Swaziland présente ce paradoxe d'être un pays relativement prospère (P.I.B. par hab./ppa – parité de pouvoir d'achat : 5 500 dollars en 2005, et P.I.B. ppa : 6 222 milliards de dollars) rassemblant une population largement plongée dans la grande pauvreté. C'est que l'économie du pays est fortement duale, associant un secteur commercial et moderne performant, mais restreint et contrôlé par un groupe réduit de dirigeants, à un secteur de subsistance archaïque et affaibli concernant l'essentiel de la population.
Le dualisme de l'économie agricole est en partie lié au statut foncier. La terre, et notamment les 10 p. 100 du territoire constituant la surface arable, est répartie entre les terres de la Couronne (pour 60 p. 100), et les terres privées (40 p. 100) appartenant essentiellement à des Européens et à de grandes compagnies agraires associées souvent à des intérêts de l'État. Le fonds spécial (Tibiyo Taka Ngwane), directement géré par le roi, et chargé depuis l'indépendance de racheter les terres expropriées lors de la colonisation et de les affecter aux Swazi, fonctionne de manière assez opaque. La population rurale vit de l'agriculture de subsistance et de l'élevage sur ces terres communales propriétés de la Couronne (Swazi National Land), soumises à des sécheresses récurrentes, et dont le sol est fortement dégradé. Sur ces terres, les conditions d'exploitation sont difficiles et, en conséquence, les paysans contribuent très peu à la production nationale, d'autant que la plupart des exploitations ont une superficie inférieure à un hectare. Inversement, les cultures d'exportation proviennent pour l'essentiel des fermes privées gérées par des intérêts et entrepreneurs étrangers (environ 7 000) souvent associés au Tibiyo Taka Ngwane. Les productions de sucre de canne, de jus de fruits, de pâte à papier et d'autres produits forestiers, de fruits et de coton sont ainsi les principales sources de revenus à l'exportation du pays. La contribution de l'agriculture au P.I.B. du pays […]
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