2. Le mystère Harunobu
Les origines, la personnalité et la formation artistique de Suzuki Harunobu sont autant de points d'interrogation. Le seul fait précis est la date de sa mort, en juin 1770 ; l'artiste avait quarante-cinq ans selon l'avis de la majorité des historiens.
Beaucoup prétendent qu'il fut l'élève de Nishimura Shigenaga (1697-1756). Mais dans la préface que Harunobu écrivit au livre Souvenir d'Edo, dessiné par Shigenaga en 1753, il parle d'« un certain Shigenaga », termes bien impersonnels qui n'évoquent guère des liens d'élève à maître.
En 1754, Harunobu est suffisamment connu dans les milieux artistiques d'Edo pour s'installer à son propre compte. Durant cette période qui couvre une dizaine d'années, son œuvre se résume en une quarantaine d'estampes et quelques illustrations de livres, qui traduisent les différents courants artistiques de l'estampe de la première moitié du xviiie siècle. Dans ses portraits d'acteurs, il imite fidèlement le style de Torii Kiyomitsu (1735-1785), ce qui a fait dire qu'il en avait été l'élève. En revanche, ses portraits de jolies femmes subissent l'influence d'Ishikawa Toyonobu (1711-1785). On trouve encore une parenté de style avec Nishikawa Sukenobu (1671-1751), qui permet de penser que Harunobu étudia l'œuvre du grand maître de l'illustration du livre.
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