Romancière, nouvelliste, dramaturge, cinéaste et surtout essayiste mondialement connue, l'Américaine Susan Sontag aimait la France, sa langue et sa culture, ses philosophes, ses écrivains et ses cinéastes. Cet amour, les Français le lui rendaient bien. Ils avaient fini par la considérer comme une des leurs. Susan Sontag était assurément le plus parisien des écrivains américains.
Née le 16 janvier 1933, elle perd à cinq ans son père, Jack Rosenblatt, fourreur de son métier, qui faisait des affaires en Chine. Sa mère finit par se remarier avec un officier, Nathan Sontag. Son enfance en Californie ne sera pas des plus heureuses. Mais, étonnamment précoce, Susan, dès l'âge de trois ans, sait lire et aime déjà les livres. En 1959, après des études de lettres et de philosophie à Berkeley, Chicago et Harvard, puis à Oxford et à la Sorbonne, elle s'installe à New York, enseigne quelque temps au département de religion de l'université Columbia et commence à écrire dans la Partisan Review et d'autres périodiques. C'est le début d'une longue et féconde carrière d'essayiste, qu'elle va poursuivre avec la même intransigeante passion jusqu'à sa mort, notamment dans la prestigie […]
