Il en va du surréalisme comme du classicisme, du romantisme, ou du baroque dans une moindre mesure : ce terme couvre au moins trois espaces de langue et de pensée, qui vont de l'histoire des formes ou des idées (un groupe actif dans la période 1924-1969) à la caractérisation transhistorique (une tendance présente depuis la « bête de Lascaux », pour reprendre le titre de l'ouvrage de Maurice Blanchot, jusqu'au slogan publicitaire contemporain, en passant par Piranèse ou Bosch), et sans qu'on puisse tenir pour rien sa banalisation dans une langue commune, venant désigner tout ce qui est absurde, surprenant ou simplement curieux.
On pourrait estimer que ces trois états du mot marquent l'achèvement du projet même des premiers surréalistes, en faisant passer la subversion littéraire ou picturale, la révolution des mots et des images dans l'espace de la vie et de l'activité humaines envisagées selon leur dimension anthropologique la plus large. Et l'on se gardera, après eux, de négliger l'influence en retour du quotidien, du trivial et du journalistique sur l'inconscient à l'œuvre dans les rêves, l'amour, l'humour et l'imagination. Marx et Freud rejoignent ici Rimbaud pour exige […]
