2. Morale et « Idéal du moi »
Le surmoi nous oblige à nous mettre à jour au regard du problème moral. Car, avec cette notion, il s'agit bien de l'aspect oral de l'âme, de l'âme orale. On peut entendre, par là, la voix de la conscience dans les hauteurs et sa corrélation avec la primitive pulsion orale intéressée par la mamelle et les cris. Si l'on entre plus avant dans l'univers de la faute, on doit admettre que la naturalisation du désir, qui a été entreprise par les libertins du xviiie siècle et qui continue à fasciner jusqu'au sein de la psychanalyse, a pourtant fait la preuve de son insuffisance. Bien rares sont ceux qui entreprennent l'enquête jusqu'au bout. On en revient à Dieu. Et Dieu ne se trouve pas négocié si facilement. Il reste aux psychanalystes à se répartir en deux classes : soit ils adoptent « une morale des plus compréhensives » pour ne pas avoir l'air méchant, soit ils en viennent à « déférer aux impératifs obscènes et féroces du surmoi », pour ne pas avoir l'air de rester sur la touche, par trop de gentillesse. Il est à noter que cette seconde position n'est pas moins démagogique, ou pas moins terroriste dans ses effets, que la précédente. Il y a un autre impératif à opposer au surmoi, si l'on repart de la manière dont Freud y fut conduit. On reprendra cette question avec l'introduction de l'Idéal du moi dans l'ensemble de la construction freudienne, mais en s'efforçant d'y lire un problème et d'en proposer les solutions.
Avec son étude Pour introduire le narcissisme (1914), Freud essaie de rendre compte d'une distinction entre l'énergie non sexuelle des pulsions du moi et la libido, à l'occasion du passage, par le jeu d'investissements d'images, de la libido du moi à la libido d'objet. Le narcissisme est un moyen terme entre le moi et les autres, puisqu'il consiste, pour moi-même, à me prendre comme un autre, à certaines conditions nécessaires qui portent sur l'image que je me fais de moi, sur mon image narcissique.
Sans pouvoir commenter l'ensemble du texte, on prendra les […]
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