3. L'indépendance et ses problèmes
• Bourgeoisie « compradora » et néocolonialisme
L'élimination du V.H.P. et du Progressieve Nationale Partij (P.N.P.) des Créoles conservateurs aux élections de novembre 1973 et la victoire du Nationale Partij Kombinatie (N.P.K., parti en majorité créole et protestant) s'expliquent surtout par le mécontentement populaire causé par la croissance de l'inflation. Le N.P.K., arrivé au pouvoir – son leader Henk A. E. Arron devient Premier ministre – et poussé par le Partij van de Nationalistische Republik (P.N.R.) d'Eddy Bruma, un avocat créole partisan du « pouvoir noir », engageait le 15 février 1974 des pourparlers avec La Haye pour obtenir l'indépendance.
Les Pays-Bas, qui cherchaient à se débarrasser, d'une part, des émigrants qui leur posaient des problèmes sociaux et raciaux insolubles, d'autre part, de la responsabilité dans des mesures de répression afin de conserver l'image d'une Hollande pacifique, ne firent pas de difficultés pour fixer la date de l'indépendance au 25 novembre 1975. Porte-parole des Hindoustanis, l'avocat Jaggernath Lachmon, leader du V.H.P., afficha ouvertement ses craintes car, disait-il, « la dictature s'instaurerait après le 25 novembre ». L'annonce de l'indépendance intensifia le courant migratoire vers la Hollande. Plusieurs problèmes se posèrent : celui de la nationalité des Surinamiens vivant aux Pays-Bas (90 000 en 1975, 180 000 en 1981), la question des frontières avec la Guyana et la Guyane française, les modalités de l'aide économique accordée par La Haye, la défense et les affaires étrangères, les relations avec la C.E.E. En novembre 1974, le Suriname décida de se joindre à l'association des producteurs de bauxite créée le 8 mars 1974, qui regroupait déjà la Guinée, la Jamaïque, la Yougoslavie et l'Australie. Le problème de l'aide économique divisa le gouvernement : le Suriname réclama 7,5 milliards de florins pour réaliser en dix ans des projets industriels, notamment une ligne de chemin de fer et un barrage. […]
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