2. Structures sociales et politiques
• Une mosaïque multiraciale
Le Suriname a hérité de l'histoire une extrême diversité ethnique qui en fait, aux Caraïbes, un patchwork des plus surprenants. Concernant les deux principaux groupes, les Créoles, descendants d'esclaves noirs et de Blancs, étaient majoritaires en 1961 (36 p. 100) par rapport aux Hindoustanis, d'origine indienne (33 p. 100). Cette proportion s'est inversée au début des années 1970 pour ne plus notablement évoluer par la suite. Au début du xxie siècle, les Hindoustanis représentent près de 40 p. 100 de la population totale (qui est d'environ 500 000 hab.), les Créoles, 30 p. 100, alors que divers autres groupes restent stables : Javanais d'origine indonésienne (15 p. 100) ; Nègres marrons, ou Bosnegers (10 p. 100) ; Chinois (de 2 à 3 p. 100) ; et Amérindiens (de 2 à 3 p. 100).
Le caractère composite de ce peuplement se reflète dans les manières de vivre, de s'habiller, dans les religions, les traditions et les langues qui ne se mélangent pas mais se juxtaposent et s'additionnent. Une enquête entreprise en 1950 a montré que la distribution des langues parlées s'effectuait de la manière suivante : créole, de 85 à 90 p. 100 ; néerlandais, de 50 à 55 p. 100 ; hindi, de 30 à 35 p. 100 ; javanais, de 15 à 20 p. 100. Il faut en outre ajouter l'anglais, le malais et distinguer entre les Créoles de Suriname (saramacca, takitaki, nengre, sranang-tongo). Les religions sont également très variées : catholicisme, protestantisme (avec une variété incroyable de sectes), judaïsme, islamisme, hindouisme (avec ses deux branches : traditionalisme Sanatan et réformisme aryen), confucianisme, winti des Bosnegers, cultes des Amérindiens. La croissance de la population fut favorisée par la diminution du taux de mortalité à partir de 1900, due à des mesures prises dans le domaine de la santé et de l'hygiène (envoi de médecins dans les districts et création d'une école de médecine).
On observe une différence sensible sur le plan de la stratification sociale entre la capitale Paramaribo – en majorité peuplée de Créoles – et l'hinterland où dominent les Hindoustanis et les Indonésiens. L'analyse des recensements de 1963 et de 1971 a permis d'observer que les Hindoustanis sont devenus plus nombreux que les Créoles à cause de l'émigration de ces derniers, combinée à une plus grande fécondité des Hindoustanis. Le courant migratoire qui pousse alors les Créoles vers les Pays-Bas est la résultante de contraintes économiques et politiques.
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