Le président Ronald Venetiaan, au pouvoir depuis 2000, garantit la stabilité politique du pays en 2009 en maintenant la cohésion au sein de sa coalition Front nouveau. Pourtant, en raison de la crise économique mondiale, la croissance devrait chuter à 1,5 p. 100. Le secteur de la bauxite, pilier de l'économie et principale source de revenu de l'État, est particulièrement touché. L'annonce, en 2008, de l'éventuel retrait de la compagnie australienne B.H.P. Billiton noircit encore davantage le tableau. La récession économique, le refus du président Venetiaan de briguer un quatrième mandat et l'absence d'un successeur convaincant dans le paysage politique affaiblissent le soutien de la population envers le gouvernement.
À la fin de l'année, des sondages indiquent que l'alliance gouvernementale est devancée par l'opposition rassemblée au sein de la vaste Coalition du millénaire, dirigée par le Parti national démocrate. Le chef de cette formation Dési Bouterse, l'ancien homme fort du régime militaire (1980-1988), annonce sa candidature à la présidentielle de 2010. Ses chances de réussite sont toutefois faibles du fait de sa condamnation par contumace, en 1999, par les Pays-Bas pour trafic de drogue et blanchiment d'argent et de son inculpation, depuis 2007, pour le meurtre de quinze opposants politiques durant une vague de répression en 1982. S'il ne pouvait pas être candidat à l'élection, ce serait l'ancien président Jules Wijdenbosch (1996-2000) qui le remplacerait ; or ce dernier avait rapidement conduit le pays au bord de la faillite lors de son mandat.
Par ailleurs, le Suriname doit faire face aux répercussions négatives du crime organisé, et plus particulièrement du narcotrafic – le pays est devenu une plaque tournante du trafic de cocaïne –, ainsi que de la perte importante de revenus liée au développement de la contrebande d'or. L'année se termine cependant avec un taux d'inflation quasi nul.
John GRAHAM
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