Dans la soirée du 11 novembre 1572, l'astronome danois Tycho Brahe observe dans la constellation de Cassiopée une étoile qu'il n'avait jamais vue auparavant. Aussi brillante que Vénus, celle-ci est visible même en plein jour. Ce phénomène est une source d'interrogations. L'astre annonce-t-il quelque calamité ? S'agit-il vraiment d'une étoile ? Mais Aristote affirme que tout est immuable dans le monde des étoiles. L'étoile commence à décliner en décembre 1572 pour disparaître à la fin de mars 1574. Alors, est-ce une comète particulière ? Tycho Brahe infirme cette dernière hypothèse : en comparant de façon répétée la position de l'astre par rapport aux étoiles voisines, il constate qu'il est immobile ; il ne peut donc s'agir d'une comète. Ce phénomène ébranle la doctrine aristotélicienne. En 1573, Tycho publie à Copenhague un ouvrage sur la nouvelle étoile, De nova et nullius ævi memoria prius visa stella, où il fait l'hypothèse que celle-ci se serait condensée à partir de matière diffuse. Cette observation va stimuler son intérêt pour l'astronomie et l'inciter notamment à élaborer un nouveau catalogue d'étoiles très précis (son Astronomiae instauratae progymnasmata, publié en 1602, après sa mort, comporte 777 étoiles) puis à mesurer les positions des planètes par rapport à ces étoiles. Ces magnifiques observations sont à la base de la découverte des lois du mouvement des planètes par Johannes Kepler. L'objet de Tycho Brahe était en fait une supernova, c'est-à-dire l'explosion d'une étoile massive. La position qu'il en a donnée est assez précise pour qu'on ait pu retrouver facilement le faible reste de cette supernova, qui est aujourd'hui un des mieux étudiés.
Photographie
Tycho Brahe L'astronome danois Tycho Brahe (1546-1601) représenté dans son observatoire d'Uraniborg, qu'il fit construire dans l'île de Hven.
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James LEQUEUX
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