3. D’autres exemples, d’autres pratiques
Ces préoccupations furent en leur temps largement partagées par des artistes qui ne se sont nullement rangés sous la bannière Supports/Surfaces – Daniel Buren ou Michel Parmentier, par exemple. Le choix que fit Claude Viallat, en 1966, de s’en tenir à un motif unique et inclassable – ni vraiment géométrique ni vraiment biomorphe, vaguement évocateur d’un osselet ou d’une éponge – fait strictement écho à la décision à peu près contemporaine de Daniel Buren de n’employer dans ses œuvres que des bandes. Une histoire de l’art trop dupe des mots et des enseignes soulignera les différences qui opposent les deux artistes, mais c’est leur ressemblance qui frappera un spectateur attentif aux œuvres et aux dates.
Tous deux exposeront chez Jean Fournier, le marchand parisien qui montrait aussi James Bishop, Sam Francis et Simon Hantaï, et qui joua un rôle clé dans le renouvellement en France de la peinture abstraite. Hantaï était d'ailleurs un des rares artistes non américains, avec Pierre Soulages et Jean Degottex, à jouir alors d’un réel prestige auprès de la jeune génération. Le souvenir de sa formule synthétique (« le pliage comme méthode » – car c'est en peignant ses toiles froissées ou pliées qu'il obtenait, une fois la surface mise à plat, ses jeux de blancs et de couleur) est indiscutablement présent dans l'expression Supports/Surfaces.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



