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SUPERSTITION

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1.  Le mot et son histoire : de l'Antiquité au Moyen Âge

En latin, le substantif superstitio désigne tantôt la superstition, tantôt le culte et la religion, tantôt enfin la divination ; de même, l'épithète superstitiosus signifie soit « superstitieux », soit « devin ». Dans son étude sur « Religion et superstition », Émile Benveniste a prouvé, semble-t-il, que le sens étymologique de superstitio est bien celui de divination, résolvant ainsi un problème longtemps débattu. De fait, on comprend mal, de prime abord, comment les sens de « superstition », de « culte » ou de « divination » ont pu résulter des éléments super et stare dont se compose superstitio. Les explications les plus diverses ont été avancées : pour Walter Otto, superstitio calquerait simplement le grec ἔκστασις, « extase », désignant une montée de l'âme vers le divin ; pour Müller-Graupa, superstes, qui signifie « survivant », serait un euphémisme pour l'« esprit d'un mort », et, par conséquent, superstitio indiquerait l'« essence démoniaque » et la « croyance aux démons » ; pour Flink-Linkomies, le sens de « superstition » procéderait, par l'intermédiaire de « pouvoir divinatoire » et de « sorcellerie », de celui de « supériorité » contenu dans super-stare, « être au-dessus » ; enfin, on a considéré, en partant de superstes, « survivant », que superstitio signifierait « survivance », désignant des vestiges dépassés et superflus d'une ancienne croyance. Réfutant ces interprétations, É. Benveniste a montré qu'en réalité la superstitio est à l'origine le pouvoir de témoigner d'un événement passé comme si l'on en avait été le témoin, le pouvoir, donc, de divination du passé.« Superstitiosus, explique-t-il, est celui qui est doué de la vertu de superstitio, c'est-à-dire qui vera praedicat, le devin, celui qui parle d'une chose passée comme s'il y avait réellement été : la divination [...] ne s'applique pas au futur, mais au passé. Superstitio est le don de seconde vue qui permet de connaître le passé comme si on y avait été présent, superstes. Voilà pourquoi superstitiosus énonce la propriété de double vue qu'on attribue aux voyants, celle […]

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La Tireuse de cartes, Lucas de Leyde

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